J 339-344 - Conclusion new-yorkaise

10-15 juillet 2014 Après avoir traversé l’Etat du New Jersey, nous arrivons à New York par le sud-ouest et accédons à Manhattan en empruntant un tunnel sous l’embouchure de l’Hudson. Cela se fait au pas à cause d’énormes bouchons. Une fois dans Big Apple, comme on surnomme New York, la Lire la suite...

J 333-338 - Capitale fête nationale

4-9 juillet 2014 Le 4 juillet est un jour peu ordinaire pour les Américains qui commémorent à cette date la déclaration d’indépendance de 1776. Il y a des festivités dans tout le pays… La capitale, Washington, n’est pas en reste. Nous arrivons en ville en fin de matinée, juste à Lire la suite...

J 326-332 - Quelque chose de Tennessee

27 juin - 3 juillet 2014 Après environ un mois dans l’Ouest américain, où nous avons notamment apprécié notre découverte de nombreux parcs nationaux, cette fois, nous sommes vraiment dans la traversée et nous allons enchaîner quatre journées avec beaucoup de route. Après la première où nous avons traversé presque Lire la suite...

J 339-344 – Conclusion new-yorkaise

publié le by Gabriel Monet publié dans Carnet de route | 3 commentaires

10-15 juillet 2014

Après avoir traversé l’Etat du New Jersey, nous arrivons à New York par le sud-ouest et accédons à Manhattan en empruntant un tunnel sous l’embouchure de l’Hudson. Cela se fait au pas à cause d’énormes bouchons. Une fois dans Big Apple, comme on surnomme New York, la circulation est plus fluide. Rouler au pied des gratte-ciels donne une impression de petitesse, voire d’écrasement. New York est fidèle à sa réputation de ville assez unique avec son intense activité et sa physionomie si particulière. Nous traversons Broadway, la 5e avenue puis c’est par un nouveau tunnel, moins bondé cette fois, que nous passons sous l’East River et entrons dans le Queens pour arriver peu après chez les amis qui vont nous héberger, Abigaïl et Anthony. Abigaïl Doukhan est une amie d’enfance de Stéphanie, de l’époque où leurs parents étaient missionnaires dans l’Océan Indien, puis à Collonges à l’époque du bac, là où Gabriel l’a également connue. Aujourd’hui, elle et Anthony sont profs de philosophie à l’Université du Queens. C’est un vrai plaisir de nous revoir après de longues années.

Jeudi matin, nous partons pour Manhattan en voiture pour une première étape qui est précisément de rendre notre véhicule de location, ce qui se fait sans encombre si ce n’est pour trouver un passage dans le fatras de voitures devant le loueur situé dans une « petite » rue du centre de Manhattan. Nous nous retrouvons à pied, notre découverte de New York peut commencer. Le ton est donné de suite puisque nous sommes tout près de Times Square. Les enfants découvrent Broadway, sa multitude d’écrans et son fourmillement. USA blog 91Il y a beaucoup d’animation et nous rions bien à la vue d’un « naked cowboy », un type en caleçon et en bottes de cow-boy qui joue de la guitare et prend la pose dans la rue. Lilian trouve que c’est trop bruyant et trop peuplé : « Je n’aimerais pas vivre là-dedans. Il y a trop de gens, trop de voitures, trop d’immeubles ». C’est sûr qu’après les grands espaces, il y a ici comme un air de Hong Kong, avec tous ces gens qui courent dans tous les sens ! Il est moins négatif à la vue du magasin M&M’s ! Nous nous dirigeons ensuite vers le Rockefeller Center pour monter en haut du Top of the Rock, un gratte-ciel qui nous permet d’avoir une vue superbe sur New York et au-delà. Nous continuons la journée en allant visiter le Metropolitan Museum, le plus grand musée d’art de New York, avec de très nombreuses galeries. L’entrée est chère, surtout pour le temps que nous voulons y passer, alors sur la recommandation de Suzie à Washington, nous demandons à faire une donation d’un dollar. L’employé nous offre en échange deux places et c’est gratuit pour les enfants. Nous pouvons donc y admirer avec les enfants quelques sculptures de Rodin et des peintures de Canaletto, Caravage, Degas, Monet, Van Gogh… USA blog 92En sortant à l’heure de la fermeture, nous traversons Central Park pour aller nous rafraîchir et déposer nos affaires dans l’hôtel que nous avons réservé dans l’Upper West Side pour une nuit, car ce soir nous allons voir une comédie musicale sur Broadway. En quelques minutes de métro nous sommes devant le théâtre où se joue « Cinderella », spectacle pour lequel nous avons réservé des places. C’est un grand émerveillement, surtout pour Ophélie qui est fascinée. A l’entracte, elle est rassurée et se réjouit de savoir que la suite va durer autant de temps. La comédie musicale est une succession féérique de danses, de théâtre, de chants, dans des costumes à couper le souffle et Cendrillon est tout simplement sublime. Nous quittons la salle enchantés et après un petit bain de foule sur un Broadway luminescent, nous rentrons à l’hôtel où les enfants grignotent quelque chose avant d’aller se coucher bien fatigués, mais heureux.

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Vendredi nous descendons à la pointe sud de la péninsule de Manhattan vers Battery Park et South Ferry Loop. De là, nous attendons sous le soleil le ferry qui doit nous emmener à Liberty Island puis à Ellis Island. USA blog 94Nous débarquons donc sur l’île de la Statue de la Liberté. Nous pénétrons sur le site après un passage de sécurité équivalent à un passage de douane. Tout doit être ouvert. Gabriel doit sortir son ordinateur portable qu’un agent emmène pour le passer au détecteur d’explosifs. Les enfants sont contents car il y a un Junior Ranger Program. S’ils savaient déjà que la statue avait été construite et offerte par la France, ils vont approfondir leurs connaissances en découvrant qu’elle est creuse, qu’elle a été transportée par morceaux et boulonnée sur une structure en acier (alors que la première idée avait été de la remplir de sable)… et plein d’autres choses intéressantes. Cette statue haute comme un immeuble de 22 étages était la première chose que les nouveaux immigrés apercevaient en arrivant dans la baie après des semaines de traversée de l’Atlantique. Nous embarquons ensuite sur Ellis Island, où un musée émouvant retrace l’arrivée des immigrés et les conditions souvent difficiles qu’ils avaient vécues à bord. Nous apprenons aussi que les troisièmes classes devaient être soumises à des contrôles sanitaires et financiers en règle, auxquels échappaient les premières et secondes classes. Comme quoi le roi argent a aussi été l’un des premiers à débarquer aux Etats-Unis !

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Nous reprenons finalement le bateau pour rentrer sur la péninsule de Manhattan et nous nous dirigeons vers Ground Zero pour découvrir le 9/11 Memorial. C’est l’endroit où les deux tours jumelles du Word Trade Center ont été détruites le 11 septembre 2001 par deux avions terroristes. Le nouveau WTC est en fait constitué de cinq tours, dont deux sont encore en construction. A l’endroit des « Twins » se trouvent deux immenses espaces carrés creusés dans lesquels coulent des fontaines qui s’enfoncent dans la terre, comme si l’eau s’effondrait sur elle-même, à l’image de cette catastrophe. USA blog 98Les noms de toutes les victimes sont gravés autour, c’est émouvant, surtout pour nous les parents qui avons vécu en direct la tragédie. Dans le musée attenant se trouvent encore quelques poutres d’acier déformées qui soutenaient les tours. Les enfants ont du mal à concevoir comment il peut exister autant de méchanceté gratuite. Ils posent beaucoup de questions sur ce que les gens qui se trouvaient dans les tours ont pu ressentir à ce moment terrible et ce qui se passait dans la tête des pilotes terroristes pour qu’ils commettent un acte pareil.

Nous prenons ensuite le métro pour remonter jusqu’à la 55e rue. Nous faisons une pause chez Dunkin Donuts pour un bon goûter, au grand plaisir de Stéphanie qui raffole des doughnuts ! Nous rejoignons ensuite la synagogue centrale de New York, où nous devons retrouver Abigaïl et Anthony pour le début du Shabbat. Nous pénétrons dans la synagogue, accueillis aimablement par deux personnes chargées de la sécurité, puis nous nous installons discrètement au fond. Abi et Anthony arrivent peu après et nous assistons à un service très contemporain, avec de l’excellente musique très dynamique et des chants en hébreu. Une femme rabbin délivre un message court mais percutant. USA blog 99Nous nous esquivons avant la fin car cela dure longtemps et tout le monde est fatigué. En nous dirigeant vers le métro, Abi entraîne Stéphanie dans un salon d’esthétique pour expérimenter l’épilation des sourcils avec un fil, le « threading ». Une femme enroule un fil dans ses doigts en le tenant entre les dents et épile le sourcil en quelques secondes. La première fois, il faut serrer les dents car ce n’est pas très agréable ! Nous rentrons ensuite tous ensemble nous coucher.

Samedi, le réveil est paresseux. Gabriel découvre que l’écran de son ordinateur est largement fêlé dans un coin, probablement dû à une mauvaise manipulation de l’agent de la Liberty Island quand il l’a emporté au contrôle. Il a dû le cogner ou le faire tomber. Nous sommes vraiment mécontents mais il faut se résigner, on ne va pas retourner porter plainte. Nous nous préparons tranquillement à retourner à Manhattan pour la fin de la matinée. Nous avions prévu d’aller visiter la Frick Galery, un musée privé avec une collection très intéressante, mais nous découvrons à l’entrée que les enfants de moins de dix ans ne sont pas les bienvenus.USA blog 100 Nous trouvons cela plutôt discriminatoire et anti-pédagogique, mais bon, nous décidons alors d’aller au Musée Guggenheim dont Gabriel et Stéphanie ont de très bons souvenirs lors d’un précédent passage. Les enfants s’amusent beaucoup dans la grande galerie en colimaçon. Nous sommes un peu déçus car la collection permanente exceptionnelle a dans sa majorité pour l’instant disparu au profit d’une exposition temporaire sur le début du futurisme italien, un mouvement qui nous passionne assez peu ! Bref, nous finissons l’après-midi comme des milliers de New-yorkais dans Central Park, à nous détendre et à nous balader tranquillement. Nous ne rentrons pas trop tard par les transports en commun.

Dimanche matin, nous accompagnons Abi et Anthony à l’Eglise New Life Fellowship qu’ils fréquentent, dans un ancien et très beau théâtre. Nous sommes accueillis très chaleureusement et même de façon exubérante par une charmante et souriante hôtesse. L’Eglise congrégationaliste non-dénominationnelle a été fondée par le pasteur Pete Scazzero, auteur de livres multiples déclinés autour d’une saine gestion des émotions (Emotionnally Healthy Spirituality, Emotionnally Healthy Church, etc.). La liturgie est conduite par une équipe enthousiaste et la musique est un peu assourdissante, mais joyeuse. Ce n’est pas le pasteur fondateur qui prêche ce jour-là, mais un autre qui nous délivre un message intéressant. Nous avons une bonne discussion ensuite sur la question de ce que sont un « bon » prédicateur et un « bon » message. Nous allons déjeuner tous ensemble dans un restaurant thaï qu’Abi et Anthony connaissent bien et nous sommes contents de fêter ce jour-là nos dix-sept ans de mariage ! En rentrant tranquillement à la maison nous croisons des supporters argentins en maillots bleu et blanc qui se préparent à vivre la finale de la Coupe du monde de football. Certains vont finir l’après-midi devant le match Argentine-Allemagne. Nous imaginions que l’ambiance serait à la fête dans la soirée, mais il  n’en a rien été puisque l’Allemagne a gagné !

USA blog 101Lundi matin, nous faisons nos bagages pour la dernière fois. Il y a eu beaucoup de dernières fois ces jours-ci… Il faut que tout rentre dans les sacs et nous calculons le poids au plus juste. Abi part avant nous car elle donne un cours au Queens College et nous attendons Anthony qui nous a gentiment proposé de nous conduire à l’aéroport. Nous nous disons au revoir une dernière fois et attendons l’heure de l’enregistrement. Tout se fait sans problème, l’avion n’est pas plein et nous sommes tous ensemble. Nous encourageons les enfants à dormir un peu, car quand nous arriverons à sept heures du matin à Heathrow, ce sera la pleine nuit pour nous. Notre vol se passe paisiblement et nous arrivons à l’heure sur le sol britannique. Nous devons ensuite nous organiser pour changer d’aéroport, ce que nous faisons par les transports en commun. Heureusement que nous avons le temps pour prendre successivement trois métros avec tous nos sept bagages (les souvenirs et autres achats pour la rentrée se sont accumulés depuis l’Amérique du sud !). Les gens ne nous proposent pas leur aide comme nous l’avions expérimenté à Santiago au Chili par exemple, à part un jeune homme qui a bien regretté d’avoir pris le sac le plus lourd ! Nous arrivons sans encombre à l’aéroport de London City après une heure et demie. Là, la compagnie Swiss est très à cheval sur le nombre de bagages et leur poids. Nous réorganisons nos bagages en « jouant » avec nos deux grands « sur-sacs » qui servaient à protéger les grands bagages, et nous arrivons à cinq bagages de vingt-trois kilos chacun ! Le tour de passe-passe a marché et nous embarquons tous émus pour le dernier vol de notre zigzag du monde. Dans l’avion qui nous emmène vers Genève, la chef de cabine vient très gentiment nous demander comment se passe notre tour du monde. Un peu étonnés, nous lui disons qu’il s’agit de notre ultime vol et nous lui demandons comment elle est au courant. USA blog 102En fait, Ophélie lui a adressé la parole, étonnée qu’elle parle français, et lui a déclaré que nous faisions le tour du monde. Comme c’est notre dernier vol, elle nous propose de nous offrir le champagne et revient avec deux petites bouteilles. Puis, elle nous donne à chacun une petite marionnette à doigt en peluche de la forme d’un avion. Elle propose ensuite à Ophélie de venir l’aider à distribuer des chocolats aux passagers. Elle est bien sûr ravie. Quand elles ont terminé, l’hôtesse demande à Ophélie de la suivre à l’avant pour ranger et elle revient avec une énorme boîte de chocolats rien que pour elle ! Evidemment, maintenant elle veut devenir hôtesse de l’air !

L’atterrissage se fait en douceur après avoir survolé et contourné notre Salève bien connu. Solène en particulier est très excitée. Nous récupérons nos bagages et nous apercevons déjà, à travers la vitre, des papys, mamys et tantes qui nous font signe et nous sortons enfin. USA blog 103L’émotion est à son comble quand nous pouvons serrer dans nos bras nos proches, que nous n’avons pas revus depuis six mois pour certains et un an pour d’autres. Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire quelques photos de ces retrouvailles avant de monter dans les voitures. A la maison, Mamy Christiane a décoré le mur extérieur de mots de bienvenue et le jardin de lampions colorés. Les enfants sont tout heureux de retrouver leur chambre et fouinent partout, galopent dans le pré. Les mamans ont fait le ménage, les courses, le repas et encore une fois, nous nous sentons tellement généreusement accueillis… chez nous ! Ce soir au dîner, ce sera fondue, raclette et tarte au fromage, au milieu des conversations qui vont bon train. Tout est redevenu… (presque) normal.

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J 333-338 – Capitale fête nationale

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4-9 juillet 2014

Le 4 juillet est un jour peu ordinaire pour les Américains qui commémorent à cette date la déclaration d’indépendance de 1776. Il y a des festivités dans tout le pays… USA blog 78La capitale, Washington, n’est pas en reste. Nous arrivons en ville en fin de matinée, juste à l’heure pour regarder la « parade » qui démarre avenue de la Constitution. Nous nous frayons un chemin dans la foule nombreuse et assistons au défilé juste devant les Archives nationales. La parade est originale avec une représentation des forces vives de la nation. Beaucoup de fanfares, d’associations diverses et variées défilent à pied, en voiture, en vélo, sur un char…  On sent une glorification liée au drapeau et la fierté d’être Américain. En nous promenant après le défilé, nous tombons sur la terrasse d’un café qui diffuse le quart de finale de la Coupe du monde de football France-Allemagne. Il reste 10 minutes à jouer et nous assistons à la défaite des Français… Ce sont les premières minutes, et donc les dernières, que nous avons vues des Bleus au Brésil. La Coupe du monde fait un peu parler ici, mais sans réelle ferveur. Nous aurions évidemment préféré une victoire française mais en même temps nous prenons cela avec beaucoup de recul. D’abord parce que le foot-business rend l’intérêt sportif moins authentique, mais aussi parce que notre tour du monde a contribué à une prise de distance grandissante vis-à-vis d’un nationalisme exacerbé. L’après-midi, nous nous promenons sur la National Mall : c’est une immense pelouse au cœur de Washington entourée de très nombreux et imposants musées. A une extrémité il y a le Capitole, de l’autre le Washington Monument, un immense obélisque, puis un peu plus loin le Lincoln Memorial. La foule est dense et les animations nombreuses. En fin d’après-midi, nous reprenons la voiture pour nous rendre chez nos hôtes à Laurel dans la banlieue de Washington. C’est dans l’Etat du Maryland, car la ville de Washington est un Etat à elle toute seule, le plus petit des cinquante Etats américains : le District de Columbia. Susy et Luis Schulz nous accueillent à bras ouverts bien que nous ne les connaissions que très peu. En fait, nous nous étions rencontrés à Moscou, au tout début de notre tour du monde où ils étaient en vacances avec leur famille. Ils nous avaient alors invités chez eux et nous avions gardé le contact par mail. Nous sommes heureux de les retrouver et ils sont à nos petits soins. Ils travaillent tous deux au Département de l’éducation de la Conférence générale des Eglises adventistes qui a son siège mondial près d’ici. Nous partageons le repas puis nous repartons un peu avant le coucher du soleil afin d’admirer le feu d’artifice sur le National Mall. Nous avons de la chance de trouver une place de parking non loin du Capitole et c’est dans un très beau contexte que nous admirons le spectacle multicolore juste derrière l’Obélisque.

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Samedi, nous nous rendons avec les Schulz dans une Eglise innovante en croissance dont Gabriel a entendu parler, New Hope. Le service est contemporain et l’accueil très chaleureux. Le prédicateur très détendu n’est pas derrière un pupitre mais va et vient sur et autour du seul objet qu’il y a sur l’estrade : un tabouret ! Dans la foulée, les Schulz nous font découvrir l’ancien siège de la Conférence générale ainsi que la WAU (Washington Adventist University). Nous nous rendons ensuite chez Sandra Esteves qui nous a invités à déjeuner. Directrice de l’IFLE à Collonges (et donc de Stéphanie) jusqu’à il y a un an, elle enseigne maintenant à la WAU. C’est un vrai plaisir de la revoir, ainsi que sa fille et Nicole, une amie. Nous passons l’après-midi à discuter. Vers 18h, nous nous rendons chez Odette Ferreira pour une soirée française puisqu’à l’initiative de Susy, tous les Français (ou francophones) qui travaillent à Conférence générale et présents à Washington en ce moment sont de la partie. Ils sont friands d’entendre des échos de notre voyage et nous avons tous plaisir à nous donner des nouvelles ou à évoquer des souvenirs.

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Dimanche, comme la soirée très agréable de la veille a duré, le lever est lui aussi tardif et la matinée tranquille. Ce n’est que l’après-midi que nous retournons dans Washington pour passer quelques heures au Musée de l’air et de l’espace, un des nombreux musées gratuits et très riches de Washington. Ce qui retient le plus notre attention est probablement toute l’épopée des Apollos et des voyages sur la lune, mais c’est toute l’histoire de l’aviation et de la conquête spatiale qui est présentée. Solène est très inspirée par les premières tentatives humaines pour voler et elle fait des plans pour se construire des ailes pour les imiter ! En quittant le musée, nous nous rendons au National Harbor, le port qui longe le fleuve Potomac, un lieu de flânerie agréable.

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Lundi, nous partons plus tôt et notre première étape est pour la bibliothèque du Congrès, juste derrière le Capitole. En fait, notre visite se concentre sur le seul Thomas Jefferson building de la plus grande bibliothèque du monde. Mais il y a d’autres bâtiments : trois en tout dans Washington, plus cinq autres dans le Maryland et un immense entrepôt dans le Virginia. Il faut bien cela pour conserver les 158 millions d’objets qui constituent le fond de bibliothèque : livres, journaux, manuscrits, objets divers… L’immeuble central et historique de la bibliothèque est superbe, avec une foule de symboles. Après avoir passé un moment dans la salle de lecture des enfants, nous bénéficions d’une visite guidée qui fait suite à un petit film parlant de la conservation des documents dont certains sont très célèbres. La salle de lecture principale sous le dôme avec les postes de travail en cercle est vraiment très belle. Au final, nous passons plus de deux heures dans cet antre de la connaissance et qui fait sur nous l’effet d’une invitation au voyage… livresque !

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Après une courte pause pique-nique, nous nous rendons au Capitole voisin où nous avons pu réserver une visite guidée, seul moyen de découvrir ce haut lieu de la démocratie américaine. Contrairement à celle de la bibliothèque, la visite guidée est décevante même si les lieux sont impressionnants. Le film qui l’introduit nous fait sourire tant il glorifie l’Union américaine et présente les Etats-Unis comme les inventeurs de la démocratie… La visite n’incluant pas les deux Chambres (Sénat et Chambre des représentants), nous nous renseignons sur la possibilité d’y accéder. Malgré des informations contradictoires, nous pouvons finalement découvrir le Sénat où une session est en cours (après l’application de normes de sécurité draconiennes bien entendu). A notre surprise, en plus du président de séance, de tout le secrétariat qui siège face à la salle et les nombreux pages, il y a un seul sénateur dans l’hémicycle. Il fait un discours sur l’impact négatif de l’immigration. Une fois qu’il a fini et quitté les lieux et après un temps de battement, un autre sénateur vient entamer son discours sur les projets technologiques mais nous ne restons pas et quittons les lieux. Au final, notre visite du Capitole aura été une expérience intéressante même si elle aura peu contribué à faire tomber certains clichés. D’autant que ces derniers jours, ici ou là, souvent pour des petits détails, nous avons dû faire face à la rigidité d’esprit de certains Américains. Heureusement, il ne faut pas généraliser, car nous avons aussi rencontré bien des gens ouverts, tolérants, flexibles, sympathiques.

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Après le Capitole, nous nous rendons au Musée d’histoire naturelle et l’intérêt des enfants est revivifié par les animaux marins, les mammifères, la très riche collection de pierres, dont le plus gros diamant du monde appelé « espérance » fait 45 carats, ou encore par les bijoux de Marie-Louise et de Marie-Antoinette, ceux que cette dernière portait au moment de son arrestation.

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Mardi, pour notre dernière journée à Washington, nous commençons par la visite du siège mondial de l’Eglise adventiste. A notre surprise, les hôtes d’accueil sont en fait des agents de sécurité et nous devons obtenir un badge avec prise de photo pour entrer dans les lieux. Finalement, une fois la démarche effectuée, Suzy nous fait visiter les locaux où quelque 900 personnes travaillent. Les lieux sont à la fois polyvalents, agréables et simples. De nombreux symboles, peintures, sculptures… sont là pour évoquer la raison d’être du bâtiment. Nombreux sont ceux qui travaillent dans des espaces ouverts, juste séparés par des cloisons. Du coup, l’ambiance est feutrée et nous croisons différentes personnes d’horizons très divers.

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Après cette première étape de la journée, nous allons voir un autre lieu de gouvernance, plus célèbre encore, la Maison Blanche ! Elle ne se visite pas… ou alors dans des conditions très précises, accompagnés par un représentant de son ambassade. Nous les avons bien contactés, mais le résultat a été négatif comme on peut le comprendre ; ils n’ont pas que cela à faire. Ceci dit, se trouver devant puis derrière la résidence d’habitation et de travail du Président américain ne laisse pas indifférent. Il y a quand même un Centre des visiteurs (il faut bien, comme partout, essayer de vendre des choses aux touristes) et nous passons un moment à visionner le film qui présente la Maison Blanche de l’intérieur. Puis nous passons un moment dans le parc, où nous pique-niquons. USA blog 87Après manger, nous allons au pied de l’immense Obélisque, connue sous le nom de Washington Monument. De là, il y a une belle vue sur tout l’axe central de Washington avec au fond du décor le Capitole, et de l’autre côté le Lincoln Memorial. Nous nous rendons au Musée de l’histoire américaine. Une salle intéressante est consacrée à certaines « histoires américaines », où sont évoquées quelques figures marquantes illustrées par des objets significatifs. Une autre salle évoque le drapeau qui a inspiré l’hymne américain en pleine guerre entre les Américains et les Anglais au début du XIXe siècle. Les salles consacrées aux présidents américains et aux robes des premières dames sont sympathiques. Plus touchante encore, la salle consacrée à l’histoire afro-américaine, où émergent les figures d’Abraham Lincoln et de Martin Luther King. Le premier pour le décret d’émancipation qu’il a signé en 1863, le deuxième pour son célèbre discours prononcé à l’occasion des cent ans dudit décret et son rôle dans la lutte pour l’égalité entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis. Nous retrouvons la voiture et pensions aller cheminer un moment au cimetière d’Harlington pour voir la tombe de Kennedy, puis aux monuments à la mémoire de Lincoln et de Roosevelt, mais la chaleur est étouffante (plus de 100˚F) et nous nous contentons d’y passer en voiture. Nous passons aussi à côté de Pentagone, puis nous rentrons chez les Schulz où les enfants sont plus qu’heureux de se rendre à la piscine. Nous en sortons juste avant que l’orage n’éclate et passons une agréable dernière soirée riche en conversations avec Suzy et Luis Schulz dont nous avons énormément apprécié la disponibilité, la simplicité, l’engagement et la gentillesse.

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Mercredi, nous quittons Washington tranquillement dans la matinée en direction de New York. En chemin, nous faisons halte du côté de Lancaster pour une petite immersion dans le monde des Amish. Dans le Centre d’accueil mennonite de Lancaster, nous découvrons par le biais d’une exposition et de la projection d’un film l’histoire des Amish et plus globalement des Mennonites, issus de ce qu’on appelle la Réforme radicale. Ce mouvement est né sous l’impulsion de Menno Simmons qui considérait avec d’autres que la Réforme de Luther et Calvin n’allait pas assez loin, en particulier sur la question du baptême des enfants ou des relations entre l’Eglise et l’Etat. Cependant, au cours de l’histoire se sont développées deux branches du Mennonisme, l’une ouverte à la modernité et l’autre stricte par rapport à l’apport des technologies, identifiée sous l’appellation d’Amish. Si tous tendent vers une vie simple et authentique, les premiers utilisent téléphones, voitures, etc. alors que les Amish restent ultra-traditionnels avec des habits de coton bleus et blancs, le port du chapeau de paille et de la barbe pour les hommes, et d’une coiffe pour les filles et les femmes. USA blog 89Vivant à la ferme, ils font usage de carrioles tirées par des chevaux. Nous passons deux bonnes heures à sillonner la région, visitant l’une ou l’autre ferme, un atelier de menuiserie, croisant des jeunes ou moins jeunes en trottinette à grandes roues, des carrioles se mêlant à la circulation. Nous admirons aussi dans différents endroits tout l’artisanat amish, en particulier de magnifiques patchworks. Ce mode de vie radical ne semble pas très en phase avec notre société contemporaine… Ceci étant, cela peut toujours interpeller quand il est si facile de tomber dans l’autre extrême. Nous quittons la Pennsylvanie afin de rejoindre New York pour la dernière étape de notre périple américain et par là même pour conclure notre zigzag du monde.

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J 326-332 – Quelque chose de Tennessee

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27 juin – 3 juillet 2014

Après environ un mois dans l’Ouest américain, où nous avons notamment apprécié notre découverte de nombreux parcs nationaux, cette fois, nous sommes vraiment dans la traversée et nous allons enchaîner quatre journées avec beaucoup de route. Après la première où nous avons traversé presque tout le Wyoming, l’Etat le moins peuplé des Etats-Unis, nous dormons à Wheatland, une petite ville un peu perdue au milieu de nulle part ; c’est l’Amérique profonde. Le lendemain, nous faisons halte à Denver dans le Colorado. USA blog 64Nous nous rendons au Musée des enfants. Les enfants avec les parents peuvent construire des circuits pour des boules qui remontent par des tuyaux d’aspiration, expérimenter le lancement de fusées en papier propulsées par un puissant souffle d’air, fabriquer des objets à partir de matériaux de récupération dans de véritables petits ateliers où se trouvent clous, scies, marteaux, etc., faire de la peinture… C’est dur de repartir, mais nous n’avons pas prévu de visiter les grands espaces du Colorado. USA blog 65Les plaines succèdent aux plaines. Parfois de grands éclairs zèbrent le ciel. Nous évoquons la célèbre série de livres « La petite maison dans la prairie » en traversant le Kansas. Nous passons la nuit du côté de Salina, à trois heures de Kansas City. Nous pensions camper, mais le ciel est menaçant alors nous prenons un motel. Il y a une piscine, au grand plaisir de tous, car il fait très chaud. Nous reprenons la route le lendemain et nous nous arrêtons à Kansas City pour une nouvelle halte qui plait aux enfants puisqu’ils « fabriquent » leur propre Teddy Bear. Ils choisissent la peluche de leur choix, la remplissent, y installent un petit cœur, aident à finir les coutures, puis lui donnent une identité, des vêtements, etc. Nous reprenons la route vers St Louis dans le Missouri et dormons à O’Fallon, à quelques encablures de la capitale de l’Etat. Le matin, nous nous mettons en route pour St Louis dans le but de visiter le City Museum et de voir la célèbre arche. USA blog 66Comme le musée est encore fermé, nous nous dirigeons vers l’arche, près du fleuve Missouri, appelée Gateway to the West, la porte de l’Ouest. C’est immense et nous avons la chance de pouvoir prendre des billets pour monter au sommet, à 180 m. En attendant notre tour, nous visitons le Centre Jefferson au sous-sol, qui est un musée sur les premiers explorateurs et pionniers américains. St Louis, traversé par le Mississipi, marquait le début de l’aventure vers l’Ouest. Une petite anecdote quand même sur cette visite, où nous avons pu constater que l’inefficacité de l’organisation égalait parfois sa complexité puisque les billets achetés pour une heure précise, en l’occurrence 13h10, n’ont en rien empêché que nous prenions la petite cabine ressemblant à une coquille d’œuf pour monter au sommet seulement trois quarts d’heure plus tard, devant faire une queue incompréhensible à plusieurs étapes. Nous n’avons finalement pas compris à quoi servait tout ce protocole. Enfin, nous sortons tout en haut de l’arche, dans une sorte de couloir avec de tout petits hublots rectangulaires sur les côtés. Nous pouvons apercevoir St Louis et au-delà. Par très beau temps, il y a paraît-il une visibilité de cinquante kilomètres. C’est vertigineux et vraiment impressionnant. Nous redescendons par l’autre jambe de l’arche. L’heure est déjà bien avancée et nous renonçons à aller au City Museum, un peu à regret, car l’entrée était alléchante avec des installations de circuits suspendus colorés et ludiques. Mais nous devons être dans le Kentucky ce soir.

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Nous reprenons donc la route quelques heures encore et arrivons de nuit au camping de Mammoth Cave par les petites routes où nous avons la chance d’apercevoir des biches qui traversent tranquillement. Le lendemain matin, après avoir plié la tente, nous nous rendons au Centre des visiteurs d’où partent les différentes visites de la plus grande grotte au monde avec ses 600 km de galeries. Nous devons d’abord prendre un car pour nous rendre à l’une des entrées de la grotte, puis nous descendons près de trois cents marches d’escalier dans des passages parfois si étroits qu’on ne peut y passer qu’un par un. Les passages sont éclairés, mais lorsque nous arrivons dans une grande salle, la guide fait éteindre toutes les lumières et nous demande de mettre les mains devant les yeux. Evidemment, l’obscurité est si dense que nous ne voyons pas nos doigts. Par contre, il suffit d’allumer une simple petite bougie pour qu’immédiatement nous puissions distinguer notre environnement. Une seule bougie comme celle-ci pourrait nous permettre de sortir de la grotte sans nous perdre, dit-elle. Etonnant. Nous passons devant une pièce d’eau et arrivons à l’endroit dit des « Draperies ». De magnifiques stalactites et stalagmites ornent le plafond et les murs, ainsi que des formations qui rappellent effectivement de grandes tentures. USA blog 69Nous ressortons de la grotte par une autre ouverture et après la fraîcheur souterraine, nous retrouvons la moiteur estivale. Nous avons été vraiment impressionnés par la taille de ces grottes, mais à part quelques formations intéressantes, il y avait beaucoup de roche brute et nous espérions voir plus de ces décors tellement merveilleux. Les enfants participent ensuite au programme des junior rangers, ce qui permet à tous d’en apprendre plus sur les grottes, les différentes strates, la vie animale souterraine… et ils sont contents de recevoir leur badge.

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Nous reprenons ensuite la route pour Nashville, capitale mondiale de la musique, surtout la musique Country. Nous pensions visiter le très célèbre Country Music Hall of Fame, mais le prix de la visite est exorbitant alors que nous ne sommes pas si intéressés que cela par la musique Country. USA blog 71Comme nous avons un peu de retard sur l’horaire envisagé, nous décidons de faire un petit tour de ville et de continuer notre route jusqu’à Mc Donald, chez Lynn et Jim. Ce sont des amis que nous ne connaissons pas encore, mais il se trouve qu’il y a trois ans, pour les vacances de Noël, la directrice de Stéphanie lui avait demandé si par hasard elle connaissait un endroit où pourraient loger ses amis américains qui venaient. Comme nous n’allions pas être chez nous à cette période, nous lui avions proposé de leur laisser notre maison. Dans la discussion, Gabriel avait découvert que l’une des dames avait étudié à Newbold College en Angleterre la même année que lui, il y a près de vingt-cinq ans de cela. Nous avions trouvé la circonstance amusante. Et donc, cette famille a logé chez nous durant notre absence, et est repartie avant notre retour, de sorte que nous ne les avions pas rencontrés. Mais le contact était pris et nous avons renoué avec eux lorsque nous sommes arrivés aux Etats-Unis. Nous avons alors prévu de passer les voir pour faire leur connaissance. Nous arrivons en fin d’après-midi à Mc Donald. La route qui nous mène au bout d’un bois longe des prés avec des chevaux et les enfants tout excités se demandent à qui ils appartiennent. C’est Jim qui nous accueille à la porte d’une immense maison dans la forêt.  Il nous installe dans leur sous-sol aménagé d’une belle chambre avec salle de bain, d’un billard et d’une pièce « home cinéma » que les enfants adoptent immédiatement. Nous sommes contents de nous poser pour quelques jours dans un foyer, après tous ces jours sur la route. Lynn est infirmière anesthésiste et travaille de nuit. USA blog 72Le lendemain matin, nous faisons sa connaissance, et elle et Gabriel se reconnaissent immédiatement. Elle est chaleureuse et pleine d’entrain, et propose aux enfants d’aller voir les animaux : deux chevaux,  des ânes et des mules miniatures, en plus de cinq chats, d’un gros chien pataud et d’une énorme truie. Les enfants sont ravis et Lynn selle l’un des chevaux pour Solène, qui va s’en donner à cœur joie. Le cheval est un peu fougueux et Lynn la félicite car elle s’en tire très bien. Pendant ce temps, Ophélie s’occupe de débourrer une mini-mule en montant à cru et ce sont des fous rires pour tous quand la petite bête lui file entre les jambes ! L’après-midi, nous profitons de leur piscine. Les hommes et Lilian regardent l’un des matches de football de la Coupe du monde sur grand écran. En fin de journée, nous nous rendons à l’université adventiste à proximité, traditionnellement appelée Southern University. Le Campus immense accueille plus de 3000 étudiants. Une fois de plus nous sommes en admiration devant la capacité des Américains à générer des fonds pour développer un système d’éducation privé magnifique. La visite s’achève par une partie de cache-cache non prévue puisque Lilian, qui a pris des libertés, s’est perdu. Tout est bien qui finit bien malgré quelques frayeurs de part et d’autre.

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Mardi, Lynn propose aux enfants de seller à nouveau l’un des chevaux et Solène s’occupe gentiment de tenir le cheval pendant que Lilian le monte pour la première fois. Ensuite, elle part dans le pré au galop le nez au vent. Pendant ce temps Jim et Gabriel sont partis dans la voiture de sport de Jim pour aller faire des longueurs à la piscine de l’université. USA blog 74L’après-midi, nous partons avec Lynn visiter les Ruby Falls, du nom de l’épouse de l’explorateur qui les a découvertes. Il faut d’abord descendre en ascenseur à l’entrée d’une grotte et après une demi-heure de marche dans un passage souterrain plein de formations rocheuses intéressantes, parois drôles, parfois très belles, nous entendons le bruit de chutes d’eau et nous débouchons dans une immense salle haute comme une cathédrale. Du plafond tombe une chute d’eau magnifique. Personne n’a encore pu définir la provenance de l’eau. Les lumières s’éteignent et la musique surgit de nulle part, comme un grand spectacle ! Après un moment passé à admirer la scène, nous faisons demi-tour, et ne sommes pas mécontents de sortir, car nous grelottons ! Nous avions pris un billet combiné avec Rock City, alors nous reprenons la voiture. Mais la première visite a pris plus de temps que prévu et Lynn nous quitte pour son service de nuit. Jim doit nous rejoindre un peu plus tard. Nous pénétrons dans un joli parc où se trouvent d’énormes rochers. Parfois, on a à peine la place pour se faufiler entre deux roches. Le sentier est très joli. Nous empruntons un pont suspendu et arrivons au-dessus d’une autre chute d’eau et d’une falaise, la Lover’s Leap (le saut de l’amoureux), nommé ainsi d’après une légende indienne. Nous traversons une grotte décorée de manière très kitsch de personnages des contes traditionnels de la Mère l’Oye, cela plaît beaucoup aux enfants évidemment ! Jim nous rejoint à la fin de notre visite et nous emmène au centre-ville de Chattanooga visiter le Choo-Choo, un ancien train qui reliait Chattanooga à Nashville. Le hall de la gare est aujourd’hui un splendide hôtel et certains wagons ont été transformés en chambres de luxe. Nous allons finalement marcher sur le pont piétonnier de la ville, restauré grâce aux dons des habitants et nos amis ont donc une plaque à leur nom sur l’une des planches du pont. Il y a une très jolie vue sur le Missouri et sur la ville. Nous rentrons enfin à la maison pour nous coucher. Le lendemain matin, nous finissons de fermer nos sacs et partons pour un magnifique petit déjeuner avec Lynn et Jim à Cracker Barrel, un restaurant qui sert de délicieux pancakes. Nous pensions y inviter nos amis, mais c’est finalement l’inverse qui se passe, et en plus les enfants repartent chacun avec de petits cadeaux. En nous disant au revoir, nous convenons avec nos nouveaux amis de nous retrouver pour des vacances, en France cette fois, car nous nous sommes vraiment bien entendus et appréciés.

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J 318-325 – Il était une fois dans l’ouest

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19-26 juin 2014

Nous arrivons dans le Nevada après avoir quitté la Death Valley. En faisant le plein d’essence, nous sommes étonnés du bas prix de l’essence… et de la présence de machines à sous dans la boutique de la station. Le ton est donné. Ce n’est que quelques minutes plus tard en discutant entre nous que nous réalisons que peut-être l’essence ici sera moins chère, comme tout, car les taxes sont minimes voire inexistantes dans le Nevada. Nous nous horrifions quelque peu de voir des publicités et des invitations à acheter des armes dans divers magasins. Puis nous arrivons à Las Vegas. Notre première étape, comme ce n’est pas encore l’heure du check-in de l’hôtel, est pour les fameux outlets de Las Vegas. Un nombre incroyable de marques ont leur « magasin d’usine » vendant à des prix cassés. Nous faisons quelques achats en prévision de la rentrée… USA blog 39Nous nous rendons ensuite à notre hôtel, le Circus Circus dans lequel nous allons passer deux nuits. C’est l’hôtel le moins cher du strip, la fameuse artère. Il est très bon marché probablement du fait des recettes générées par tous les à-côtés et il y en a… L’hôtel est en effet immense avec plusieurs casinos, d’innombrables boutiques et restaurants, une chapelle pour les mariages, un cirque et un véritable parc d’attraction ! En traversant Las Vegas, nous avons pu voir la démesure et l’originalité des différents hôtels aussi renommés les uns que les autres… Etape détente et découverte… Pendant un jour et demi, nous allons profiter des numéros de cirques présentés régulièrement durant la journée dans notre hôtel, du parc d’attraction avec ses deux montagnes russes et ses autres manèges et spectacles, films et laser games… Nous faisons aussi une longue balade le long du strip sous la chaleur étouffante de la ville au milieu du désert, visitant quelques hôtels, rentrant un moment dans l’un ou l’autre magasin pour nous rafraîchir. Les quatre étages du magasin M&M’s et son film en 4D aura eu la préférence des enfants.  Le deuxième soir, le coucher est plus que tardif. Il est 22h passé et Lilian et Solène ne dorment pas encore… En phase avec la folie des grandeurs et l’extravagance de la ville, nous leur demandons s’ils veulent retourner au parc d’attraction de l’hôtel qui est ouvert jusqu’à minuit. Ils nous regardent d’un air dubitatif, mais dès qu’ils comprennent que nous ne plaisantons pas, leur « oui » est enthousiaste. Et nous voilà repartis pour des loopings et autres sensations fortes. Finalement, ils s’endorment après s’en être donné à cœur joie. Pour notre part, nous redescendons avec l’idée d’essayer de faire fructifier (ou plus probablement de perdre) dix dollars au casino. Mais une fois devant les machines à sous, nous n’y comprenons rien, même en regardant les autres jouer… Finalement, nous déambulons un moment entre les différents espaces du rez-de-chaussée de l’hôtel qui forment un immense (ou plusieurs) casino(s), puis nous regardons un peu les uns et les autres jouer à la roulette russe, au back jack, à d’autres jeux inconnus de nous, ou aux innombrables machines à sous, puis nous allons nous coucher. Pas de gros lot, ni de remboursement de notre tour du monde… on pouvait rêver, mais sans regret ! Vendredi matin, nous quittons Las Vegas pour le Grand Canyon… Nous sommes contents d’avoir découvert cette ville hors du commun, en nous immergeant dans cette ambiance particulière et en participant à notre manière à ce qu’elle propose. Ceci étant, nous quittons la ville avec le sentiment qu’il y a là un certain jusqu’au-boutisme de notre société d’ultra-loisir et d’ultra-consommation. Défouloir ou reflet d’une civilisation dont certains jugeraient qu’elle dérive ? Même si nous y avons croisé des gens de toutes origines et de tous styles, pour la majorité fort sympathiques et dont beaucoup semblaient profiter de la vie. Derrière certaines attitudes ou regards, nous avons aussi discerné de la détresse, du désespoir… Pas sûr du tout que ce soit à Las Vegas que l’on puisse trouver de manière satisfaisante un sens à la vie !

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Nous arrivons au Grand Canyon vendredi après-midi, un peu inquiets car notre voiture a un pneu qui semble se dégonfler de manière anormalement rapide. Lorsque nous arrivons sur le rim (le bord du canyon comme on l’appelle ici), nous restons époustouflés devant la beauté et l’immensité du spectacle qu’offre la nature. Nous marchons un peu sur la corniche, nous arrêtant longuement à différents points de vue. USA blog 41Les rayons du soleil couchant donnent une très belle lumière sur la vallée et les différents promontoires rocheux que l’érosion du fleuve a épargnés et sculptés. D’ailleurs, de là où nous sommes, on devine plus qu’on ne voit le Colorado tant il a creusé, au fil du temps, la roche en profondeur (1600 m) et en largeur (plus de 15 km en moyenne). Le lendemain matin, comme convenu avec nos enfants, nous les laissons dormir alors que nous nous levons à 4h30 pour aller voir le lever du soleil à Mather point. Grandiose… On se sent petit devant une telle immensité et une telle beauté. Nous prenons ensuite une navette qui nous emmène au point de départ du South Kaibad trail. C’est un des chemins qui descend vers le Colorado. Bien sûr nous n’irons pas jusque-là, mais c’est l’occasion de faire deux heures de marche aller-retour en nous enfonçant dans le canyon. USA blog 42Nous passons un endroit qui a été appelé le « Ah ! Oh ! Point » pour dire à quel point tout le monde ne cesse de s’exclamer devant la magnificence des lieux. En partant à 4h30, nous avions surpris des élans traversant la route juste devant nous ; rentrant, nous en voyons à nouveau dans les sous-bois, dont un petit… adorable. Nous sommes de retour au lodge vers 8h, les enfants dorment encore (ils se remettent des folies de Las Vegas). Après le petit déjeuner, nous allons faire tous ensemble le début d’un autre chemin qui descend dans le canyon, le Bright Angel trail. Puis nous nous rendons au Visitor Center où les enfants participent à un atelier sur les corbeaux et les élans, nombreux dans le Parc national. Ils remplissent petit à petit leurs feuillets de junior ranger alors que nous faisons les 40 km de route le long du canyon jusqu’à Desert View. Là, ils valident leur travail et reçoivent leur badge. Nous quittons le Grand Canyon, impressionnés et presque frustrés de partir si vite. Cela nous donne envie de revenir, de faire diverses excursions… et d’aller jusqu’au Colorado, mais cela ne s’improvise pas et il est d’ailleurs conseillé de ne pas faire cela en une seule journée. Mais d’autres merveilles de la nature nous attendent.

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Après le grand, l’immense, le gigantesque canyon… place au presque minuscule Antelop Canyon. Mais s’il est tout petit en comparaison, car très étroit, parfois à peine 1 m de large,  pour quelque 10 à 20 m de haut selon les endroits et 400 m de long, sa beauté n’en est pas moins exceptionnelle. Situé près de la ville de Page, nous sommes en territoire Navajo ; ce canyon n’étant pas en accès libre, il est indispensable de passer par un prestataire local pour faire la visite. A 15h, nous voilà donc installés à l’arrière de véhicules 4×4 d’aventure. Après 10 minutes sur l’asphalte, nous entrons dans le désert, pour 10 minutes sur le sable et nous arrivons à l’entrée du canyon que nous allons arpenter dans un sens puis l’autre pendant plus d’une heure. Incroyable sculpture naturelle façonnée par l’eau quand elle cherche son chemin, le canyon propose des courbes variées, des figures originales et des couleurs merveilleuses qui varient en fonction du soleil dont les rayons éclairent tel ou tel endroit du haut des parois. C’est un régal pour les yeux et propice à l’imagination. En effet, il est facile de voir à chaque pas une  nouvelle figure, abstraite ou concrète : un visage ou la forme d’un animal. C’est d’ailleurs d’après la ressemblance avec une antilope à un endroit donné que le nom du canyon a été établi. Les appareils photos mitraillent et nous avons du mal à quitter les lieux. Nous reprenons la route comblés de ces beautés que nous avons vues au cours de cette intense journée en nature. Nous roulons un peu plus de deux heures jusqu’à Monument Valley, où nous plantons la tente juste avant la nuit.

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Dimanche, nous sommes bon pied bon œil d’assez bon matin car une nouvelle grande journée est devant nous. Nous serons à Salt Lake City le soir, mais deux étapes nous attendent, à commencer par la visite de Monument Valley où nous sommes. On l’appelle ainsi car de nombreux blocs rocheux immenses, tels de véritables monuments, trônent en plein milieu du désert. C’est un lieu historique de vie et de spiritualité pour les Navajo. C’est aussi un lieu mythique pour les nombreux westerns qui ont été tournés dans ce décor exceptionnel. John Wayne est ici une figure ! Il est possible de faire des visites guidées dans des véhicules spécialisés, mais les prix sont exorbitants. Nous nous contentons de payer l’entrée du parc Navajo et de faire la boucle de 25 km qui serpente au milieu des monuments. A vrai dire, la visite guidée propose seulement une petite boucle supplémentaire et bien sûr les explications d’un guide et un véhicule tout terrain. Mais même sur une piste parfois un peu chaotique, les voitures particulières s’en sortent très bien. Pour notre part nous avons regonflé notre pneu de plus en plus défaillant juste avant d’entrer. Pendant deux petites heures nous nous régalons de ces points de vue magnifiques, mais nous nous interrogeons aussi comment le temps a façonné ces imposants blocs… Résidus d’une érosion générale du plateau ou poussées souterraines ? Action de la nature lente au cours du temps ou soudaine du fait d’une catastrophe ? Le résultat est en tout cas bluffant…

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En quittant Monument Valley, nous quittons l’Arizona pour l’Utah. Nous roulons plus de trois heures, admirant un canyon par-ci, une formation rocheuse par-là, dont le fameux « chapeau mexicain ». Le désert devient globalement plus vert à mesure que nous montons vers le nord. USA blog 52Les roches ont malgré tout repris le dessus lorsque nous arrivons au Parc national des arches, notre deuxième étape de la journée. Nous nous arrêtons au Centre des visiteurs, les enfants obtiennent le carnet de junior ranger, comme dans tous les parcs nationaux. Nous observons un moment les panneaux explicatifs, puis regardons le film qui présente le parc dans lequel il y a près de 2000 arches. Elles sont le fruit de l’érosion naturelle des roches en pierre de sable. Du coup, elles sont en constante évolution, se forment, puis disparaissent car un jour elles s’écroulent, tandis que d’autres voient le jour. L’échelle du temps pour ce faire est bien entendu très grande. Après les explications, place à la découverte de terrain. Et c’est une nouvelle fois un vrai bonheur. Nous arrêtons la voiture à de nombreux endroits, souvent nous faisons une marche plus ou moins longue pour aller admirer une arche ou des roches particulières. Nous admirons entre autres la parade des éléphants, l’arche délicate, l’orgue, la tour de Babel, les fenêtres, la fournaise, l’arche de la dune de sable, l’arche cassée (qui ne l’est pas), des dunes pétrifiées. Nous finissons par la double arche. Une des plus célèbres, celle du diable, n’est malheureusement pas accessible, mais nous en avons déjà eu plein les yeux. D’ailleurs nous repartons du parc bien plus tard que nous ne l’avions imaginé. Nous faisons route vers Salt Lake City que nous atteignons après 23h. Les choses se compliquent car il y a eu une erreur de réservation de notre hôtel (pour une fois nous ne sommes pas en motel grâce à une promotion trouvée sur le web). Les deux nuits sont réservées pour juillet et non pour juin. Or l’hôtel est complet, mais finalement le manager très sympa tient à nous trouver une solution et nous donne une petite suite. Cela tâtonne un peu, car la première n’a qu’un seul lit, la deuxième n’a pas été nettoyée, et finalement la troisième est la bonne. Deux lits dans une chambre et un canapé convertible dans l’autre, le tout pour moins cher qu’un motel, génial, même s’il est très tard, mais comme tout le monde dort déjà dans la voiture…

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Lundi, le lever est tardif, jusqu’à l’heure limite du petit déjeuner. Puis Gabriel va s’occuper de la voiture, car nous ne pouvons pas continuer ainsi. Nous avons dû regonfler le pneu trois fois la veille. Il se rend à l’aéroport de Salt Lake pour discuter avec le loueur pendant que les enfants font un peu d’école. Chez Alamo, ils ne rechignent pas et proposent un changement de voiture, la question est réglée. De retour à l’hôtel, nous repartons sans tarder pour arriver à midi, juste à l’heure pour le récital d’orgue au tabernacle des mormons, dont Salt Lake City est le fief. USA blog 55Après le concert, nous faisons une visite en français, guidée par une Tahitienne volontaire de Temple Square. C’est l’occasion pour nous d’en découvrir plus sur le mormonisme et de visiter l’imposant quartier mormon de Salt Lake City. Tout est fait pour impressionner les visiteurs. A vrai dire, c’est presque trop de notre point de vue : il y a un vrai étalage de richesse pas forcément en phase avec l’idée que nous nous faisons de la foi chrétienne. Il n’empêche que les très nombreux volontaires rivalisent de gentillesse pour combler les visiteurs. Accueil, communication, évangélisation, témoignage, prosélytisme… chacun peut avoir sa lecture. Toujours est-il que lors de la première visite guidée, le clou a été le tabernacle à l’acoustique exceptionnelle. L’expérience historique de déchirer une feuille de journal et de laisser tomber des épingles est bluffante car même situé au fond de l’immense salle, on entend tout très distinctement. Lors de notre visite du Centre de conférences flamboyant (21 000 places), nous écoutons un extrait du concert d’orgue de 14h. La musique, et l’orgue en particulier, a une place importante dans la vie ecclésiale des mormons. Puis nous allons nous promener sur le toit en jardin, aménagé avec des plantes et des arbres de la région. Après un déjeuner tardif, nous nous rendons au Centre de généalogie pour explorer les registres dont les mormons se sont fait les experts du fait de leur croyance que l’on peut baptiser les ancêtres, même décédés. Nous passons une heure à explorer les logiciels, bien sûr accompagnés par une très charmante volontaire qui nous guide dans nos démarches, mais rien sur nos familles, ou peut-être faudrait-il des renseignements plus précis que nous n’avons pas avec nous. Nous pourrons continuer les recherches via Internet une fois chez nous. Nous quittons le quartier mormon pour aller faire un tour dans la ville profane ! C’est l’occasion pour Lilian et Gabriel de se faire couper les cheveux dans un barber shop très typique et très sympa, avec une pensée pour Patricia, notre coiffeuse de Collonges. Les expériences capillaires de notre tour du monde ne nous auront pas fait oublier son coup de ciseau. Nous faisons ensuite des courses en prévision des jours qui viennent que nous allons passer à Yellowstone, puis nous rentrons à l’hôtel profiter de la piscine dans la chaleur du soir. Notre journée à Salt Lake aura été centrée sur la vie des mormons, qui reste au cœur de cette ville fondée par les pionniers d’une confession qui nous est apparue très américaine dans tous les sens du terme : tant au niveau de la mentalité qu’au niveau des croyances où la Bible côtoie certaines traditions ancestrales du continent.

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En route nous faisons une longue pause au Grand Teton National Park qui se trouve au sud de Yellowstone. Le parc est réputé pour sa chaîne de montagnes, ses lacs et ses animaux, et les enfants sont motivés pour faire le Junior Ranger Program une fois de plus. Après avoir tourné un peu dans le Centre des visiteurs, nous faisons la randonnée proposée par un ranger, de Jenny Lake à String Lake, deux des nombreux lacs du parc. Nous passons les dernières minutes dans l’autre Centre des visiteurs de l’autre côté du parc pour finir le programme des enfants afin qu’ils puissent recevoir fièrement leur badge de Junior Ranger après avoir prêté serment. En quittant les lieux, nous avons la chance de voir des antilopes et surtout un « moose », une espèce de caribou presque aussi grand qu’un cheval pouvant peser jusqu’à 850 kilos.

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Nous arrivons à Yellowstone en fin d’après-midi. Il pleut. Ce qui donne un caractère particulier au paysage, avec notamment de jolis arcs-en-ciel, ou encore des cerfs dans les vapeurs de geysers. La pluie cesse un peu avant notre arrivée au camping. USA blog 58Heureusement que nous avions réservé un emplacement car les campings du parc sont tous pleins. Nous sommes prévenus : les animaux sauvages peuvent être dangereux, il y a des distances de sécurité obligatoires à respecter et des protocoles de défense en cas d’attaque d’ours, de loup ou de bison. Il existe même un spray anti ours, mais nous ne poussons pas la paranoïa jusque-là. Et avant même d’arriver à notre emplacement, deux bisons paissent paisiblement dans la prairie à côté du campement. Il ne faut pas s’y fier, ils sont sauvages et peuvent charger un homme à une vitesse triple de la sienne. Nous n’allons donc pas trop nous approcher, mais nous les voyons bien distinctement. Ils sont énormes et nous comprenons qu’ils ont inspiré le dessinateur de la Bête du film pour enfants « La Belle et la Bête », avec leur cou énorme, leur tête au front bombé, leurs énormes pattes…  Pendant que Gabriel  monte la tente, les enfants et Stéphanie vont chercher du bois. Ils découvrent de grosses traces d’animaux et nous réalisons que les bêtes de la forêt ne sont vraiment pas loin. Notre feu nous permet de faire griller joyeusement des saucisses pour préparer des hotdogs tout chauds, puis nous allons nous coucher. Après la lecture rituelle d’un chapitre de Tom Sawyer, nous essayons de dormir, bien que le froid commence à se faire sentir. Dans la nuit, les loups font entendre de longs et intenses hurlements qui font frissonner un peu plus. Mais c’est en même temps un son tellement exceptionnel que ceux qui sont réveillés sont émerveillés. La nuit finit par passer et le lendemain, après être passés au Centre des visiteurs pour récupérer le programme des Junior Ranger, nous partons pour une grande boucle dans le Yellowstone.

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Nous traversons la Hayden Valley, où se trouvent plusieurs troupeaux de bisons, admirons le Mud Volcano (le volcan de boue) et le Sulfur Caldron (le chaudron de soufre), impressionnants tant sur leur étendue que sur leur aspect, sans compter l’odeur de soufre très forte. USA blog 60Puis, près de Canyon Village, nous descendons le chemin de randonnée dans le Grand Canyon de Yellowstone, qui nous mène aux deux grandes chutes d’eau de la Yellowtone River, en amont du lac du même nom. Le débit est impressionnant et l’eau tombe avec une puissance vertigineuse. Nous remontons sous la chaleur et affamés, nous décidons de manger dans l’une des cafétérias sur place. C’est l’occasion d’essayer un burger de bison pour tester la spécialité locale ! Nous repartons jusqu’à Norris, où nous faisons une autre balade autour du Norris Geyser Basin. Il y a un geyser en éruption constante qui génère un nuage de vapeur dense, que nous traversons pour continuer notre circuit. Le sol est couvert de coulées d’eau sur des boues orange et vertes. Nous admirons aussi l’Artist’s Paintpots (les pots de peinture) qui nous offre un spectacle de gouaches roses et jaunes bouillonnantes. Nous ne pouvons pas quitter les chemins balisés car les geysers sont en constante évolution, peuvent se déplacer ou surgir ailleurs à n’importe quel moment, et la croûte sèche du sol peut cacher un fond de boue ou d’acide dangereux. A Madison, nous assistons à une présentation par une ranger sur les ours. Nous apprenons qu’en plus des cent cinquante grizzlys qui vivent ici à Yellowstone, se trouve aussi une très grande colonie d’ours noirs. L’une des raisons de leur agressivité plus forte qu’à Yosemite ou Sequoia Park tient à leur rivalité. Nous apprenons aussi à les reconnaître en fonction de leur anatomie : les grizzlys ont une espèce de bosse sur le cou et ont l’arrière-train affaissé, alors que les ours noirs ont le cou plus dessiné et l’arrière-train relevé. On ne peut les distinguer par leur fourrure car leur couleur est sensiblement la même. De plus, les grizzlys sont plus gros. Nous apprenons aussi comment nous protéger si nous rencontrons l’une de ces charmantes bêtes qui peuvent faire semblant de nous charger, mais qui fonctionnent souvent au bluff, en contournant leur adversaire au dernier moment, histoire de l’impressionner. La ranger conclut en nous racontant une légende indienne. Nous repartons car nous avons hâte d’admirer le clou de Yellowstone, le geyser appelé Old Faithful (le vieux fidèle), car il entre en éruption régulièrement depuis des dizaines d’années. Nous arrivons quelques minutes avant l’éruption et avons la chance d’en voir une longue (c’est-à-dire plus de trois minutes et demie). Le calcul de l’éruption suivante ne peut être fait qu’à la fin de l’éruption précédente, car c’est la durée de l’éruption qui va permettre de calculer dans combien de temps l’éruption suivante aura lieu (entre une heure et une heure et demie). Nous faisons donc nos pronostics, et arrivons très satisfaits à un résultat proche de celui des rangers. Il nous faut ensuite rentrer au campement et nous avons la chance d’apercevoir, en plus des nombreux bisons, des biches et un cerf majestueux allongé dans la prairie à quelques dizaines de mètres. Au campement, après la récolte du bois, nous faisons un feu pour faire cuire nos jolies brochettes de légumes et nos galettes de fromage. Avant de nous coucher, nous doublons les couches de vêtements et sortons toutes les vestes chaudes pour compléter nos sacs de couchage. Le sommeil vient et la nuit se passe paisiblement, même si nous nous réveillons sous une pluie diluvienne. Nous laissons les enfants dormir jusqu’à ce que l’intérieur de la tente soit trop mouillé et nous procédons à une évacuation rapide des lieux ! Les enfants à l’abri dans la voiture, les sacs de couchages roulés rapidement, la tente pliée le temps d’une accalmie, et nous voilà partis ! Après un au revoir aux bisons et la chance de repérer une autre jeune moose broutant dans son étang, nous quittons le Yellowstone, avec l’idée de rouler autant que nous pourrons pour avancer. Notre tour de l’ouest des Etats-Unis prend fin et la vraie traversée commence.

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Après environ quatre-vingt miles, nous faisons une halte à Cody, la ville du célèbre cow-boy Buffalo Bill Cody, à qui un immense musée est consacré, ainsi qu’aux Indiens des Plaines, ou encore à une grande exposition d’armes. USA blog 63William F. Cody a vécu plusieurs vie : orphelin, il a pris soin de sa famille en devenant conducteur de chariots pour assurer les transports ; bon tireur il a été recruté par l’armée et est devenu scout, a été un peu mercenaire et hors-la-loi, et a créé des spectacles pour promouvoir l’ouest et les cowboys. Il a fait des tournées pendant une trentaine d’années aux Etats-Unis et en Europe. Bref, il est devenu la figure emblématique du Far West, et la ville de Cody est considérée comme le centre de l’Ouest américain. La partie sur les Américains natifs nous montre leur mode de vie et comment celui-ci a été perturbé par l’arrivée des Européens, qui souvent n’ont pas respecté leur parole et ont massacré des dizaines de milliers de gens. Nous reprenons la route pour ne plus nous arrêter jusqu’au soir, et les paysages défilent alors que nous traversons le Wyoming, succession de collines, de grandes plaines où nous imaginons les Américains natifs et les bisons cohabiter, de canyons et de rivières.

 

J 313-318 – La Californie du nord

publié le by Gabriel Monet publié dans Carnet de route | Commentaires fermés

12-17 juin 2014

Après deux petites semaines relativement calmes dans le sud de la Californie, nous entamons une partie beaucoup plus mobile de notre road trip américain. Nous continuons notre grand zigzag qui doit nous faire traverser les Etats-Unis d’Ouest en Est et nous amener jusqu’à New York en nous dirigeant vers le nord de la Californie. Première étape : Le Parc national des séquoias. Les quatre heures de voiture commencent par les bouchons sur les autoroutes de Los Angeles, puis au fur et mesure que nous roulons le paysage change. Il y a d’abord des champs de puits de pétrole dans un contexte désertique, puis apparaissent les champs d’orangers à perte de vue. Vient alors la Sierra Nevada et ses montagnes. USA blog 16C’est là que se trouve le Sequoia National Park où nous arrivons en début d’après-midi. Nous allons directement au Lodgepole Campground, le camping le plus proche de la forêt de séquoias géants, où nous avons appris à l’entrée du Parc qu’il ne restait qu’une trentaine d’emplacements libres. L’heure de route qui nous en sépare est d’abord l’occasion d’emprunter les lacets de la route montagneuse. Une fois que nous avons atteint l’altitude propice à leur croissance, nous découvrons les célèbres séquoias. Exclamations et admiration sont à l’honneur dans la voiture. Les enfants ont envie de s’arrêter, mais ce n’est que partie remise, le camping est tout proche. Nous obtenons un emplacement au milieu des arbres, juste au bord de la rivière. Nous montons la petite tente que nous avons achetée à Walmart qui va nous servir pendant notre périple, mettons toute notre nourriture dans l’armoire métallique anti-ours arrimée et blindée et, sans plus tarder, nous repartons pour découvrir de plus près les séquoias. Une première petite marche nous donne l’occasion d’aller jusqu’au General Sherman, un des séquoias les plus célèbres car considéré comme le plus gros arbre du monde. Ce n’est pas le plus haut car il ne fait « que » 60m de haut, mais pour le reste, ses mensurations sont exceptionnelles. Le tronc fait 11m de diamètre à sa base, 31m de circonférence. Il pèse 1385 tonnes pour un volume de 52.500 m3. USA blog 17Ceci étant, même s’il est manifestement le plus gros, les séquoias alentour ne sont pas en reste, ils sont tous énormes ! Impressionnant. Pour cette première balade, le chemin est un peu trop balisé à notre goût, même si nous comprenons que vu le nombre de personnes qui viennent là, il faut bien protéger le site. Après avoir ramassé quelques pommes de pin, nous reprenons la voiture pour aller un peu plus loin, au musée de la forêt géante. Nous en apprenons plus sur les séquoias, qui sont des arbres pouvant vivre vieux et grandir et grossir autant car ils sont particulièrement résistants au feu et aux insectes. Ainsi, les séquoias ne meurent pas du fait de leur âge, mais la plupart du temps la fin de leur vie est causée par leur chute à cause de leur propre poids. Ils ont des pommes de séquoia qui sont étonnamment beaucoup plus petites que les pommes des pins alentour. Un séquoia peut porter jusqu’à 2000 pommes, mais elles sont tellement résistantes qu’elles peuvent rester accrochées à l’arbre une vingtaine d’années. Les semences qu’elles contiennent ressemblent à des flocons d’avoine, mais ne se dispersent pas naturellement car les pommes restent fermées. Il arrive que les écureuils, en grignotant, en libèrent quelques-unes, mais sinon, étonnamment, c’est le feu qui contribue à la fécondité des séquoias en brûlant les pommes et du même coup en libérant les graines volatiles. D’ailleurs, quand le Parc national a été instauré, les naturalistes ont été étonnés qu’il n’y ait plus de nouvelles pousses de séquoia pendant plusieurs décennies. En fait, grâce à la protection que la création du parc a générée, il n’y a plus vraiment eu de feu par ici et du coup plus moyen de libérer les graines. USA blog 18Depuis, il y a des campagnes pour incendier les sous-bois, ce qui fertilise le sol et fait exploser les pommes de séquoia au sol. Nous allons ensuite escalader le Moro Rock, duquel nous avons une vue splendide sur toute la forêt d’un côté et sur la vallée de l’autre. Nous reprenons la voiture pour aller vers Crescent Meadow et pour ce faire nous passons par le tunnel log, un tunnel creusé sous un séquoia tombé en 1937. Nous nous arrêtons en passant près du groupe de huit séquoias Parker, appelés ainsi en référence aux huit membres de la célèbre famille du même nom. Une fois arrivés au Crescent Meadow, nous entamons une petite randonnée le long d’une clairière verdoyante et, de part et d’autre, nous admirons toutes sortes d’arbres dont de nombreux séquoias. Les écureuils sont nombreux. Nous voyons une première biche dans le sous-bois, puis une deuxième dans la clairière. Nous aurions bien prolongé mais le soleil se couche et nous voulons être de retour de jour au camping pour finir de nous installer. En rentrant, nous voyons plusieurs voitures arrêtées sur le bord de la route. Il y a manifestement quelque chose à voir. Nous nous garons tant bien que mal et nous participons à la joie de découvrir une ourse avec ses petits ! Génial… Même si elle est assez loin et que la petite compagnie s’enfonce assez vite dans la forêt. Au camping, nous mangeons de bon appétit à côté d’un feu que nous avons fait avec du bois que nous avons été ramasser de l’autre côté de la rivière que l’on peut traverser sur un tronc un peu en équilibre. Presque tout le monde fait du feu, mais la majorité avec du bois en carton acheté à l’accueil du camping. Pas tout à fait notre philosophie. Après que Stéphanie ait lu une histoire aux enfants sous un ciel étoilé, nous allons nous serrer dans notre petite tente pour la nuit.

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Au réveil, il fait plutôt frais, le feu ranimé réchauffe les plus matinaux qui sont ce matin Gabriel, puis Solène. Le soleil se lève derrière les pins. Soudain, de l’autre côté de la rivière, un ours… Nous alertons le reste de la famille et les voisins, puis nous nous approchons. Il est à quelques mètres, juste séparé de nous par la rivière. Il nous regarde de son air apathique. Nous le perdons un moment de vue, puis nous le voyons un peu plus bas traverser la rivière sur un tronc d’arbre. USA blog 22Nous restons à distance pour l’observer longuement. Après le petit déjeuner, nous partons en randonnée jusqu’aux chutes d’eau de Pakotah. Pour ce faire, nous longeons et remontons la rivière à côté de laquelle nous avons dormi. Le chemin s’élève au travers de la forêt, devenant plus rocailleux à mesure de notre avancée. Nous observons de jolis parterres de fleurs sauvages au milieu des arbres, quelques petits animaux dont des marmottes. Les chutes d’eau qui glissent sur les rochers pentus semblent ouvrir la vallée, traversant le cirque naturel magnifique qui s’offre à nos yeux, dans un joyeux mélange de roches, d’eau et de verdure. Nous ne tardons pas à redescendre car nous devons quitter le camping à midi. Des randonneurs que nous croisons nous informent qu’il y a une ourse avec ses deux petits un peu plus bas, nous invitant à la prudence car la présence des oursons peut rendre la maman vigilante. Un peu plus bas, effectivement, nous voyons la petite famille à une trentaine de mètres du chemin dans une prairie. Nous nous extasions, les oursons sont vraiment très jeunes. Ils s’approchent de nous petit à petit, la maman ourse nous regardant de temps en temps tranquillement. USA blog 23Elle semble avoir compris que notre attitude calme n’est en rien offensive. Ils continuent leur avancée et sont maintenant à une dizaine de mètres de nous sous quelques arbres. Nous reculons un peu sur le chemin pour leur laisser le champ libre. Nous sommes rejoints par une, puis deux familles, puis par un couple. Tout cela dure longtemps, l’émerveillement profite à chacun. Le jeune couple s’approche un peu pour se prendre en photo avec les ours en arrière-plan. Puis encore plus près… Trop ! Soudain, l’ourse fait un mouvement d’attaque. Une maman qui a vu venir la chose claque des mains pour effrayer l’ourse et crie : « Run ! ». En un instant, tout le monde a pris du recul et les deux oursons se sont jetés vers le tronc d’un arbre sur lequel ils se sont réfugiés à quelques mètres de hauteur. Incroyable ! Le tout a duré deux secondes et juste après, la situation est redevenue on ne peut plus calme. Un des pères présents affirme : « La plupart du temps les ours ne font que semblant de charger (bluff-charging), mais on ne sait jamais ». Nous restons encore quelques instants (un peu plus loin) à nous amuser de voir les oursons qui sont toujours dans l’arbre, puis nous finissons notre randonnée, excités de ce que nous venons de vivre. Après avoir levé le camp, nous allons à l’un des centres d’accueil du Parc national pour que les enfants puissent rencontrer un ranger qui va regarder le travail qu’ils ont accompli dans le livret qui leur avait été donné à l’entrée du parc. Réponses aux questions et dessins sont satisfaisants et ils obtiennent leur badge de junior-ranger après avoir répété main droite levée, un bout de phrase après l’autre, le texte d’engagement que le ranger lit (en anglais, ce qui suscite le fou rire d’Ophélie). Nous prenons ensuite la route pour quitter le parc, nous retrouvons les grandes plaines et les collines asséchées de la partie occidentale de la Californie et nous rejoignons la banlieue de San Francisco où nous allons passer deux nuits.

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Notre journée à San Francisco se divise en trois temps : le centre-ville, l’embarcadère, puis le Golden Gate Bridge. San Francisco étant une ville très chère, nous avons dormi à Oakland dans un motel de l’autre côté de la baie. Nous devons donc la traverser pour accéder à la ville célèbre pour son esprit libertaire. Nous empruntons le Bay Bridge qui relie la péninsule en deux temps, avec l‘île au trésor au milieu : la première partie sur un magnifique pont suspendu blanc tout neuf (nous voyons l’ancien pont en cours de démontage juste à côté) et la deuxième partie sur le célèbre pont métallique à deux étages, un pour chaque sens de circulation. Une fois sur San Francisco, nous nous dirigeons vers le quartier culturel, où nous voulons visiter le Musée d’art moderne et le Contemporary Jewish Museum. Malheureusement, le premier est fermé pour rénovation, alors nous nous contenterons du deuxième, mais sans regret, car nous y prenons notre temps. Le bâtiment est déjà une œuvre en soi. Ouvert récemment, en 2008, l’architecte Daniel Libeskind a transformé le bâtiment existant en créant notamment une extension en acier bleu en forme de yod, la lettre hébraïque, afin que le tout forme le mot l’chaim (à la vie). Il a d’ailleurs écrit : « C’est la plus petite des lettres, un point en réalité, un commencement pour le judaïsme. Voir le yod de l’extérieur, puis entrer à l’intérieur, j’espère que les gens pourront ainsi apprécier l’expérience de son énergie ». L’objectif de ce musée est de rendre compte de la diversité et de la pertinence de l’expérience juive pour le XXIe siècle et cela passe par diverses expositions. Il y en a quatre en ce moment. La première concerne l’histoire et l’esprit des kibboutz, la deuxième l’apport de la création juive dans l’aménagement domestique américain en lien avec l’émergence du modernisme, la troisième sur les rapports entre judaïsme et la musique noire américaine, et la quatrième qui nous retient le plus longtemps sur l’œuvre d’Arthur Szyk et ses illustrations de la Haggadah, le livre de spiritualité juive lu à l’occasion de la fête de Pâques. Telles des enluminures colorées, nous y retrouvons notamment de nombreuses scènes de l’Ancien Testament. Dans les jardins voisins, il y a un festival de musique dont nous profitons un court moment avant d’aller manger des fallafels et des pitas pour rester dans l’ambiance.

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Nous reprenons ensuite la voiture pour nous rendre à l’embarcadère. En fait, c’est tout un quartier le long de la route côtière qui forme l’immense port de San Francisco avec sa cinquantaine de quais et leurs immenses entrepôts, dont certains fonctionnent encore pour divers types de bateaux et de marchandises, mais dont beaucoup ont été réaffectés, les uns pour un aquarium, un musée, un parking ; les autres pour des boutiques, des restaurants ou des lieux de loisirs. Nous y découvrons une foule bigarrée et détendue. Nous nous promenons un long moment et faisons deux arrêts particuliers. D’abord pour visiter le sous-marin USS Pampanito qui a servi pendant la deuxième guerre mondiale ; ensuite au quai 39 où des lions de mer ont pris l’habitude de s’amuser ou de se reposer sur des petits quais flottants.

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De nouveau en voiture, nous allons nous amuser à monter et descendre les rues pentues typiques des collines de San Francisco où les rues perpendiculaires forment comme des paliers. Nous trouvons la célèbre Lombard street dont un segment est formé de plusieurs S très accentués où l’on slalome entre les fleurs. Il y a même la queue pour avoir le plaisir de l’emprunter, ce que nous faisons de bonne grâce. Nous prolongeons ensuite vers le Golden Gate Bridge. Nous faisons un premier arrêt à l’entrée du pont, puis un peu plus loin sur la Baker Beach, d’où la vue sur le pont avec la lumière du soleil couchant est superbe. Nous faisons une longue promenade le long de la plage et les enfants s’amusent beaucoup dans l’écume des vagues qui viennent mourir sur le sable. Nous sommes loin d’être les seuls et nombreux sont ceux qui sont aussi là pour faire des photos, parfois extravagantes un peu comme la ville hétéroclite, ouverte, contrastée et multiculturelle que nous avons découverte.

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Après une nuit de repos, nous mettons le cap vers le Parc national de Yosemite. C’est le plus ancien parc national des Etats-Unis, puisque c’est en 1864, il y a 150 ans, qu’Abraham Lincoln a signé un décret de protection de la vallée de Yosemite et ses alentours lançant ainsi le mouvement des parcs nationaux, qui allait se propager ici et là. USA blog 30Nous arrivons en milieu de journée et allons poser la tente dans le camping que nous avons réservé, le Crane flat, un peu en amont de la vallée, car les trois immenses campings de la vallée sont complets depuis longtemps. Ceci dit, nous ne le regretterons pas, car nous y sommes bien au calme avec de grands espaces au milieu des pins, loin de la foule que nous allons découvrir au pied des chutes Yosemite. Nous pique-niquons puis allons dans la célèbre vallée, impressionnante avec la rivière qui coule au milieu de larges prairies et de véritables murs de pierre de plusieurs centaines de mètres de haut de chaque côté. Du coup, les rivières en amont tombent en chutes nombreuses dans la vallée. Nous admirons le « voile de la mariée » dont la petite chute est emmenée par le vent créant un effet de voile. Il y a bien sûr aussi les chutes Yosemite qui tombent en trois temps de la falaise formant sur plus de 700m les plus hautes chutes d’Amérique du nord. Après nous être promenés ici et là dans la vallée, nous prenons une navette pour le départ d’une randonnée. Oui, un bus, car les voitures ultra nombreuses (la magnificence du lieu attire les foules) sont cantonnées dans quelques parkings et l’on se déplace ensuite plutôt à pied ou grâce à la navette gratuite pour les lieux un peu plus éloignés. Une fois déposés au départ du Mist Trail, nous entamons notre randonnée jusqu’à la Vernal Fall. Nous cheminons au milieu des roches et des arbres dans une vallée secondaire sauvage. Nous sommes émerveillés lorsque nous découvrons la chute qui forme un véritable mur d’eau puissant. Selon les endroits, avec l’écho des parois rocheuses, on a l’impression d’entendre le bruit d’un avion au décollage ! Notre courage est ragaillardi par la beauté du spectacle et nous poussons jusqu’au sommet de la chute où un nouveau cirque se fait jour. Splendide ! USA blog 31Lilian et Gabriel ne résistent pas à l’envie de se baigner dans l’eau fraîche de la rivière. Puis c’est le temps du retour, jusque dans la vallée, puis à notre camping. Le repas est pris autour du feu allumé par les enfants. Au menu : hot-dogs avec les saucisses cuites au feu et patates à la braise, même si finalement nous n’attendons pas qu’elles soient cuites et les gardons pour le lendemain. Cette grande et belle journée en appelle certains dans le duvet sous la tente. Lorsque la lune presque pleine se lève au milieu des hauts pins, c’est absolument magnifique.

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Pour notre deuxième journée dans le Parc Yosemite, nous quittons la vallée centrale pour aller plus au nord, sur les hauteurs du parc. Nous avons choisi une randonnée moins populaire que la veille mais ô combien moins populeuse. Nous allons pique-niquer au May lake depuis le Tenaya lake. Une belle montée récompensée par la beauté du lac. Ceci dit, nous ne nous attardons pas là-haut, car il fait froid. Nous finissons même nos sandwiches en descendant. Nous passons ensuite au Tuolumne Visitor Center pour que les enfants puissent valider le programme junior ranger sur lequel ils ont travaillé. Il faut pour cela discuter avec un ranger. Ranger Ericka pose quelques questions aux enfants et leur apprend des choses, notamment que le bruit sourd et alternatif que nous avions essayé de distinguer sans succès près d’un arbre est en fait un oiseau, le blue grouse mâle, qui se cache au sommet des arbres pour émettre ce son si caractéristique. C’est en milieu d’après-midi que nous sortons du parc Yosemite, du côté est de la Sierra Nevada, à quelque 3000m d’altitude. Lorsque nous voyons un névé au bord de la route, les enfants s’exclament et ne résistent pas à la tentation de s’arrêter. La première neige que nous voyons depuis le début de notre tour du monde… De quoi donner des idées à Solène en particulier qui a rêvé tout l’hiver de faire du ski ! Nous arrivons à Mammoth Lakes où nous allons passer la nuit dans un lodge de cette jolie station de ski. Il se trouve qu’il y a un jacuzzi et nous sommes tous heureux de nous y réchauffer et de nous y détendre après ces deux jours de marche, de soleil et d’air vif dans Yosemite.

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Mardi matin, nous prenons notre temps et profitons de la connexion Internet pour organiser certaines étapes de la suite de notre périple, puis nous mettons le cap vers la Death Valley, notre dernière halte californienne.  Le paysage est de plus en plus désertique au fur et à mesure que nous approchons. Nous franchissons une, puis deux chaînes de montagne et nous voilà dans la célèbre vallée, la plus basse, la plus sèche et la plus chaude de l’Amérique du nord. Elle est en-dessous du niveau de la mer et c’est là qu’on a relevé le record mondial de température. En juillet 1913, il a fait 57˚ à l’ombre ! Aujourd’hui, ce n’est pas autant, mais dès que l’on sort de la voiture, nous sommes assaillis par une chaleur étouffante. Il fait plus de 40˚. Nous allons au Visitor Center notamment pour nous renseigner sur les campings. USA blog 34En effet, impossible de réserver en ligne (nous avons eu l’impression que le camping central (Furnace Creek) était complet… et les autres fonctionnent avec le principe, premier arrivé premier servi). En fait, nous découvrons que le camping central est ouvert, mais s’il n’était pas possible de réserver, c’est parce que sa majeure partie est fermée (de même que les deux autres campings) et que l’été, il fonctionne aussi avec le principe premier arrivé premier servi. La dame est sceptique à l’idée de camper, il fait trop chaud. Nous demandons quelle température est attendue pendant la nuit, or il devrait faire entre 25˚ et 28˚. Cela nous parait raisonnable et nous sommes prêts à tenter notre chance. Pendant que les enfants entament leur exploration du centre et des expositions pour remplir leur livret de junior ranger, Gabriel va au camping pour se renseigner. Il n’y a personne à l’accueil, seulement une machine qui permet de payer son emplacement ; quant aux emplacements, pas un seul n’est pris : c’est désert (c’est le cas de le dire). Nous comprenons que l’été, rares sont ceux qui campent ici, mais après consultation en famille, nous décidons de rester là. Vive l’aventure. Nous faisons très attention à bien nous hydrater. Nous restons encore au Centre des visiteurs pendant deux longues heures pour éviter les grosses chaleurs. Les recherches que doivent faire les enfants sont très complètes et ils jouent bien le jeu, répondant en anglais dans leur cahier. USA blog 35Nous allons aussi voir le film sur la Death Valley qui est projeté dans l’auditorium, puis les enfants vont voir un ranger pour qu’il vérifie leur travail et qu’ils reçoivent leur nouveau badge. Il est 18h et même s’il fait encore 103˚F, nous entamons notre exploration de certains points d’intérêt de la vallée. Nous commençons par le Golden Canyon. Nous marchons dans le canyon en cherchant l’ombre. C’est magnifique. La physionomie et les couleurs des roches offrent un très beau spectacle. Ensuite, nous nous rendons au point le plus bas de la vallée, à une altitude de  ̶ 86m. Nous nous amusons de voir sur la montagne, bien au-dessus de nous, le panneau indiquant le niveau de la mer. Nous marchons un moment dans un mélange de terre et de sel. Il y a un vent fort et chaud qui souffle dans les larges étendues plates et désertes. Enfin, nous empruntons le chemin des artistes, une petite route qui sillonne au milieu des canyons multicolores, dont un endroit s’appelle d’ailleurs « la palette de l’artiste » tellement la montagne offre un large éventail de teintes différentes, éclairée par les derniers rayons du soleil qui se couche. Il est temps pour nous de retourner au Furnace Creek Campground. Nous y plantons la tente en prévision du soleil levant, puis dînons. Le ciel étoilé qui se dessine petit à petit est superbe. Il y a de l’eau, mais pas de douche au camping. Une fois la nuit tombée, comme le camping est presque désert (il doit y avoir cinq tentes et un camping-car) et que nous avons transpiré, nous improvisons des douches avec notre bidon derrière un bosquet. Nous avons du mal à nous endormir du fait de la chaleur et du vent, mais finalement la chaleur baisse un peu, par contre le vent, lui, s’intensifie. C’est la tempête sèche toute la nuit et la tente est bien secouée, mais sans vraiment nous inquiéter. Nous sommes réveillés tôt. Il est à peine 8h30 quand nous avons mangé et plié le camp. Nous allons admirer la vue depuis le Zabriskie Point et emprunter la piste du Canyon des 20 mules. Puis nous quittons la Death Valley, et par là même la Californie, direction Las Vegas dans le Nevada, cela va nous changer !

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J 300-312 – De Loma Linda à Hollywood : scénario américain

publié le by Gabriel Monet publié dans Carnet de route | Commentaires fermés

30 mai – 11 juin 2014

Notre vol de Lima à Los Angeles se passe très bien, sans souci à l’enregistrement, cela nous change. Une fois à l’aéroport de LAX, il y a bien sûr une longue queue pour la douane, mais tout se déroule tranquillement. L’aéroport de Los Angeles étant immense, avec de multiples terminaux, il faut prendre une navette pour aller chez Alamo, le loueur de voiture chez qui nous avons réservé un véhicule. Au guichet, apprenant que nous avons trois enfants et que nous allons traverser les Etats-Unis, le loueur nous offre de changer de catégorie de voiture et de prendre deux catégories de taille supérieure pour à peine plus cher. Nous hésitons, puis finalement nous nous laissons convaincre.  Ophélie est déjà endormie et se laisse transporter sur une banquette en attendant. Une fois le contrat signé, nous pouvons nous rendre sur le parking et prendre la voiture que l’on veut dans l’allée de la catégorie choisie. Nous hésitons devant une Ford Explorer mais finalement nous nous installons dans une GMC Acadia. Nous voilà avec notre char aux roues de 25 pouces ! Avec tout cela, il est déjà 22h et nous faisons route vers Loma Linda, où nous serons hébergés chez Liz, une amie que Stéphanie a connue à Collonges il y a vingt ans. Elle a fait ses études de médecine dans la célèbre université de Loma Linda et est restée travailler dans les environs après sa formation. Elle est venue nous visiter plusieurs fois à Paris ou à Collonges, maintenant c’est notre tour. Elle nous accueille avec beaucoup de sympathie dans sa très grande maison, qu’elle partage avec une locataire, Darlene. Nous avons à notre disposition sa grande chambre, avec un immense lit très haut (à l’américaine) pour les parents alors que les enfants s’installent sur des matelas à peine nécessaires tellement la moquette est épaisse. Au réveil, Ophélie veut boire. Nous descendons à la cuisine où se trouve Darlene avec qui nous faisons connaissance et qui nous donne gentiment un verre. Il surprend Ophélie par sa taille ; il doit faire un litre ! Après notre grande voiture, les grandes routes, la grande maison, le grand verre… Oui, tout est grand aux US, il va falloir nous y faire…

USA blog 2En ce samedi, après un petit déjeuner pantagruélique, nous allons à l’Eglise de l’université de Loma Linda. Lilian et Ophélie vont à la catéchèse des enfants avec Stéphanie où ils sont très bien accueillis pendant que Gabriel et Solène vont assister au service contemporain pour les jeunes. A 11h45, nous nous retrouvons tous dans l’immense salle pour le culte communautaire. Tout est parfaitement réglé avec un niveau d’excellence indéniable et de la très belle musique. Il faut dire qu’il y a une retransmission télévisée et beaucoup de visiteurs car c’est un des week-ends de graduation (la remise des diplômes). En sortant, nous allons nous promener un peu sur le Campus avec Liz, ce qui nous donne un premier aperçu. C’est une véritable ville. Nous rentrons déjeuner chez Liz avec quelques amis. En fin d’après-midi, alors que les enfants restent à la maison, nous retournons à l’église pour assister au concert de l’orchestre de l’Academy.

Dimanche, c’est l’anniversaire de Lilian… La matinée est passée tranquillement à la maison, notamment à préparer un gâteau au chocolat. Solène prépare une chasse au trésor dans le jardin pour son frère et sa sœur. Après le repas de fête, nous nous rendons au parc aquatique Splash Kingdom, où toute la famille s’en donne à cœur joie, Lilian en tête, dans les piscines à courants ou à vagues, dans le simulateur de surf ou dans les nombreux toboggans aquatiques. Une journée qui ravit Lilian pour le jour de ses huit ans.

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Lundi, nous nous rendons pour la journée au Joshua Tree National Park. Nous quittons la mégapole de Los Angeles et de ses environs et découvrons le désert. Après avoir récupéré une carte et demandé conseil au Centre des visiteurs, nous faisons une première randonnée dans la « vallée cachée ». USA blog 4Cela nous donne l’occasion de découvrir cet arbre original qui porte le nom de Josué, mi-arbre, mi-cactus, endémique de cette région désertique entre le désert de Mojave et celui du Colorado. En plus de ces arbres, il y a toute la vie du désert, sables, roches, végétation sèche, petits animaux… Il fait chaud et nous faisons attention à bien nous hydrater. Après le pique-nique, nous marchons encore jusqu’au « Barrage Barker » où nous voyons un serpent impressionnant. Même si les enfants nous disent qu’ils ont assez marché pour aujourd’hui, lorsque nous nous arrêtons aux Jumbo Rocks, personne ne résiste au plaisir d’aller découvrir des roches alambiquées et disposées de manière originale par la nature, comme cette énorme pierre ronde qui semble posée en équilibre entre deux autres. Nous passons un long moment à cheminer, à grimper, à nous amuser de pierre en pierre, d’autant que le soleil a baissé, que les couleurs sont très belles et que la chaleur se fait moins étouffante. Nous quittons finalement le parc, puis sur le retour, nous faisons une pause à Cobazon afin de goûter au milkshake à la datte qui a fait la réputation de cette petite bourgade.

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Mardi, pour notre dernier jour avec Liz, celle-ci est en congé. Elle nous accompagne sur le campus de l’université de Loma Linda qu’elle connaît bien pour y avoir étudié. Cette université adventiste est à la pointe en ce qui concerne la médecine, et même réputée mondialement. Par exemple, c’est ici que pour la première fois dans le monde a été implanté un cœur de bébé babouin à un bébé humain. Nous visitons les sites historiques du campus comme l’ancien sanatorium, la cafétéria qui est un véritable lieu de vie multi-activités, la bibliothèque, et puis l’hôpital universitaire, impressionnant. Il a une architecture qui a été pensée en fonction de la relation du personnel médical aux malades. Ainsi, il a trois tours où les chambres sont construites en cercle autour d’un plateau central où le staff médical exerce ; les infirmières sont toujours à deux pas des chambres des patients pour un meilleur service. Nous finissons la visite par le Loma Linda shop bien achalandé de livres, de produits de merchandising et de produits diététiques et de santé. Du fait de la présence de cet hôpital et de cette université adventiste depuis des décennies, il y a une forte concentration d’adventistes dans la ville et ses environs, dont la majorité a adopté le style de vie saine proposée par l’Eglise adventiste. Or des études ont montré que l’espérance de vie était nettement plus longue ici. Le National Geographic a même publié un article à propos de ce qu’on appelle ici la « blue zone ».

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Nous déjeunons dans un restau-jeux, où les enfants peuvent danser en musique sur un plancher lumineux ou jouer au palet. Nous rentrons ensuite avancer un peu le travail scolaire. Nous avons la sympathique visite de Cassie et Scott, d’anciens étudiants de Collonges, puis les enfants dînent simplement et nous les couchons, avec Darlene comme baby-sitter au cas où, et nous ressortons avec Liz prendre un dessert. Cette fois, elle nous emmène dans son Audi TT pour un petit tour. Stéphanie est un peu pliée en quatre à l’arrière, mais ce n’est pas loin. Liz nous fait découvrir le sticky rice dans un restaurant asiatique, un dessert à base de riz avec des fruits, délicieux. Nous rentrons après cet agréable moment passé ensemble.

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Mercredi matin, nous quittons Loma Linda en direction de San Diego. En chemin nous nous arrêtons sur le très beau campus de l’université de La Sierra ; nous y rencontrons Sara et Graham qui y sont étudiants, mais qui apprenaient l’an dernier le français à Collonges. USA blog 8Sara et Stéphanie sont très heureuses de se revoir, même si c’est trop courtement. Graham est devenu tellement timide que les échanges se résument à quelques mots ! Après une bonne heure à circuler sur le campus nous partons avec Nick, également ancien étudiant de Collonges et qui étudie la théologie actuellement non loin de là, à Claremont, l’antre de la théologie du process. Il nous invite à manger cubain et nous le suivons en voiture. En route, il tient à s’arrêter dans un autre restaurant pour nous offrir une part géante de gâteau au chocolat… que nous mangerons en deux fois ! Nous passons ensuite un bon moment au restaurant. Il avait besoin de conseils pour la suite de ses études, car il aimerait revenir en France étudier à Strasbourg. Nous nous séparons finalement et nous reprenons la route pour San Diego. Une fois les bagages déposés au motel, nous allons nous promener au bord de la baie, à Seaport Village. Il y a un ancien porte-avion amarré, c’est impressionnant. Nous avons une vue incroyable sur la baie avec les très nombreux bateaux qui rentrent au port toutes voiles dehors. C’est vrai que San Diego est le temple de la construction de voiliers. Nous faisons un tour en ville avant de rentrer, car demain sera une longue journée, qui devrait être très bonne !

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En effet, nous arrivons au parc Seaworld juste pour l’ouverture, à 9h. Au moment où le préposé contrôle nos tickets achetés sur le web, l’hymne national commence à retentir, comme tous les matins à l’ouverture. Alors bien sûr il s’interrompt et tout s’arrête pour que chacun puisse participer à ce moment d’identification nationale. En entrant dans Seaworld, les enfants sont tout excités, ils ne savent pas trop à quoi s’attendre. Nous commençons par la Skytower, qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur le parc. USA blog 10Nous apercevons dauphins, orques, pingouins. Nous allons ensuite au bassin des dauphins pour les admirer de près et voir comment les soigneurs et dresseurs interagissent avec eux. Puis nous nous rendons au Manta ride, des montagnes russes. Les enfants découvrent cela pour la première fois et il faut le refaire dans la foulée tellement cela leur a plu. A la sortie, nous pouvons caresser certaines raies dans un bassin. Elles ont la texture d’un champignon mouillé, ce qui n’est pas du goût de tout le monde ! Puis c’est le grand show des orques, qui nous arroseront copieusement de leur queue, le bassin aux requins, les pingouins, les animaux domestiques dressés qui font des numéros hilarants, les dauphins (que nous verrons aussi deux fois, car le spectacle est sensationnel). Tous les animaux semblent extrêmement bien traités. Les dresseurs vont s’appuyer sur le nez des dauphins pour faire le tour du bassin, et même faire du ski nautique sur leur dos. Les enfants n’en reviennent pas ! Nous finissons la journée en retournant au Manta ride et à une autre attraction très dynamique et arrosante : Atlantis. Les enfants ont pris goût aux sensations fortes et nous quittons le parc avec des étincelles dans les yeux après cette fabuleuse journée. Nous prenons alors la route pour remonter à Los Angeles, mais cette fois pour le nord-ouest de la mégapole, chez Clare, une ancienne élève de Stéphanie à l’IFLE, mais qui a la particularité d’avoir soixante-quinze ans et qui a été la première femme ayant obtenu un PHD (Doctorat) en microbiologie à l’université de Loma Linda. Après deux bonnes heures de route, nous arrivons assez tard mais Clare nous accueille avec une extrême gentillesse. Elle met deux chambres et une salle de bains à notre disposition dans son immense maison. Elle nous a préparé une soupe, que nous dégustons avec plaisir après cette journée intense puis tout le monde est content d’aller se coucher.

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Vendredi matin Stéphanie part avec Clare faire les courses pour les jours à venir pendant que les enfants font leur travail scolaire supervisé par leur papa. L’après-midi, nous allons en famille dans un grand magasin outlet, à cinq minutes, pour renouveler un peu notre garde-robe, car nous avons usé et laissé pas mal de choses en Amérique du sud. Au retour, Stéphanie prépare une ratatouille et un gâteau au chocolat pour le lendemain, et après une courte soirée ensemble nous allons nous coucher.

Samedi, nous allons avec Clare à l’église de Canago Park dans la banlieue de Los Angeles. L’accueil y est très convivial. L’après-midi se passe tranquillement à la maison car Ophélie a un peu de fièvre. Nous en profitons pour visionner quelques images du week-end de clôture de Collonges, histoire de plus ou moins nous préparer au retour, et aussi la retransmission en direct des Vespers de Loma-Linda que Clare affectionne de regarder régulièrement et dont la qualité musicale est excellente !

USA blog 12Dimanche, après un peu d’école nous partons à la célèbre plage de Malibu ! L’eau est fraîche, très fraîche, mais il y a des courageux qui se baignent. C’est vrai que le soleil chauffe bien aussi. Nous sommes près d’un poste de surveillance. Le maître-nageur porte le mythique maillot rouge et a toujours avec lui un flotteur mais cette après-midi, point d’alerte à Malibu ! Si ce n’est que soudain, nous apercevons des ailerons noirs à une vingtaine de mètres de la plage. Ce sont des dauphins, qui se promènent tranquillement. Tout le monde s’approche du bord de l’eau et nous admirons quatre dauphins noirs qui bondissent devant nos yeux. C’est fantastique de les voir si près en liberté après Seaworld ! Et nous avons l’incroyable chance de les revoir deux heures après, alors que nous nous apprêtons à quitter la plage : ils ont fait demi-tour et repassent en sens inverse, toujours à quelques mètres de la plage. Nous sommes ravis. En rentrant, Ophélie a de nouveau de la fièvre et Clare appelle un ami pédiatre. Il conseille de surveiller et éventuellement d’aller le voir si cela ne s’arrange pas. Comme nous venons d’Amérique du Sud, cela peut être n’importe quoi. Nous décidons d’attendre, car aller à l’hôpital aux Etats-Unis implique non seulement des frais énormes (mais c’est le moindre de nos soucis car nous sommes assurés), mais aussi plusieurs heures d’attente, faire des analyses de sang, attendre les résultats… Clare est là en plus pour surveiller.

Lundi matin, Gabriel va avec Clare à l’Automobile Club dont elle est membre pour acheter des billets pour Universal Studios à prix réduit et pour avoir des infos et des cartes pour notre traversée du pays ; puis nous partons pour Beverly Hills, la ville des stars de cinéma hollywoodiennes. Nous traversons des quartiers avec des villas somptueuses. Il existe même une carte des maisons des stars pour les curieux, mais nous n’allons pas jusque-là. USA blog 13Nous débouchons sur Hollywood Boulevard et l’Avenue des stars. Les trottoirs sont recouverts d’étoiles aux noms des célébrités du cinéma, de la musique et de la télévision et nous reconnaissons pas mal de noms. Nous découvrons un immense magasin de bonbons et faisons un petit plaisir aux enfants. Il y a également un escalier-piano qui joue de la musique en fonction des marches sur lesquelles on pose les pieds, et les enfants s’y amusent bien dans une joyeuse cacophonie ! Devant un des théâtres, plusieurs célébrités ont laissé leurs empreintes de mains, de pieds ou de rastas (comme Whoopi Goldberg) dans le ciment. Il y a de nombreux magasins de souvenirs et de costumes un peu déjantés. Il fait très chaud, Gabriel va chercher la voiture et nous récupère pour changer de quartier et aller à Venice Beach. C’est une promenade au bord de la plage avec de nombreux restaurants, des stands, un espace de gym en plein air, une rampe de skate et un espace qui donne libre cours à l’excentricité. Mais c’est la fin de l’après-midi et un autre type de public va bientôt venir remplacer la joyeuse activité de la journée, alors après un petit tour sur la plage jusqu’à la mer, nous rentrons tranquillement.

USA blog 14Le lendemain matin, nous sommes d’attaque pour découvrir Universal Studios. Nous arrivons sur la colline d’Hollywood et la journée se déroule au rythme des attractions de toutes sortes. L’une des préférées des enfants sera le bateau de Jurassic Parc, qui nous fait revivre une attaque de dinosaures et la fuite par un toboggan rapide et très raide qui arrive dans l’eau ! Nous assistons aussi à une représentation qui explique certains truquages du cinéma, ou comment King-Kong est en fait une marionnette de 40 cm placée devant un écran projetant l’image du Golden Gate de San Francisco, ou comment couper le bras de quelqu’un dans un film avec un couteau truqué ! Depuis, les enfants voient les films avec un autre regard et sont bien moins crédules ! Nous apprécions beaucoup le tour en petit train à travers les vrais studios de cinéma et apercevons même le tournage d’un film. Nous traversons les décors de séries télévisées célèbres comme The housewiwes, des décors de westerns avec la simulation d’une inondation, le décor de Spielberg avec le crash d’un 747. Nous traversons aussi une station de métro qui s’effondre sur nous avec un camion en feu à notre passage et subissons l’attaque du requin mécanique des « Dents de la mer ». Depuis, les enfants veulent voir le film, mais nous allons quand même attendre encore un peu. Il y a aussi un spectacle avec les animaux comédiens de certains films ou séries, qui nous font bien rire. Nous profitons jusqu’au bout des « rides », les circuits de montagnes russes à thème et des cinémas dynamiques 3 ou 4D. Nous rentrons chez Clare des images et des sensations plein la tête. Alors que nous pensions nous mettre en route le lendemain matin, vu l’heure tardive et l’agrément d’être là, nous décidons de rester une journée de plus, d’autant que notre appareil photo est en partie cassé (le bouton marche-arrêt a rendu l’âme le matin même, il faut dire que l’appareil a quelques années et que nous ne l’avons pas ménagé ces derniers mois) et nous voulons explorer la possibilité de le remplacer. USA blog 15Cela nous donne aussi un peu de temps pour le travail d’école et pour refaire les sacs avant de quitter le confort et la douceur de cette maison pour reprendre la route après s’être fait chouchouter pendant une semaine. Clare est vraiment une femme hors du commun, d’une ouverture d’esprit, d’une serviabilité, d’une écoute, d’une générosité exemplaires. Jeudi matin nous nous séparons donc avec un gros pincement au cœur, et nous évoquons déjà la possibilité de nous revoir ici ou là.

J 293-299 – Escapade amazonienne

publié le by Gabriel Monet publié dans Carnet de route | Commentaires fermés

23-29 mai 2014

A peine rentrés du Machu Picchu à Cuzco chez Dante et Irina, nous refaisons les bagages car nous repartons en bus de nuit vers Puerto Maldonado. Une douche et une petite collation et nous voilà partis vers la gare routière. Cette dernière étape de notre parcours péruvien va nous donner l’occasion de découvrir la forêt amazonienne. Nous avions hésité à aller de l’avant car sur certains forums nous avions lu que cette route était considérée comme la route de la mort, car très dangereuse. Mais c’était avant 2011 et depuis cette date une nouvelle route a été inaugurée, beaucoup plus sûre. De fait, le voyage se passe bien et les larges fauteuils s’inclinant presque complètement nous permettent de dormir pas trop mal. Au réveil, nous découvrons un paysage qui une nouvelle fois a complètement changé. Après la mégapole de Lima, le désert de Paracas, la région aride et volcanique d’Arequipa, la végétation d’altitude sur les grands plateaux du côté du Titicaca, puis les collines et les montagnes verdoyantes du côté de Cuzco et du Machu Picchu : voici maintenant la jungle ! C’est tout plat et la forêt dense est partout. Et puis il fait chaud… Un vrai bonheur ! Pérou blog 54Nous faisons d’abord un arrêt au cœur de la petite ville de Puerto Maldonado au bureau du lodge dans lequel nous allons nous rendre pendant trois jours. Nous avions entendu parler (par Marjolaine à Paracas) d’un forfait très intéressant dans le lodge de Carlos, en tout inclus avec des sorties de découverte très variées. Au bureau, nous nous connectons pour écrire quelques mails car pas d’Internet dans le lodge en pleine forêt, et nous découvrirons une fois sur place que nous n’aurons de l’électricité que 4h par jour, au moment du soir grâce au groupe électrogène. Le Monte Amazonico Lodge est situé à l’orée de la réserve Tambopata, à une heure de bateau de Puerto Maldonado, le long de la rivière Madre de Dios, un affluent de l’Amazone. L’embarcation est effilée, l’eau brune, les berges foisonnantes. Une fois arrivés, nous découvrons, avant même d’avoir accédé à la grande salle du lodge, un singe et deux macaos. Après avoir pris possession de notre bungalow, qui a des moustiquaires pour seules fenêtres, nous retrouvons le petit groupe que nous formons avec quelques autres pour une première marche dans la jungle, dans une chaleur humide. Notre guide nous présente entre autres le palmier marchant (en fait, il a des racines apparentes très hautes qui lui permettent de se déplacer un peu en fonction de la lumière), le palmier à épines empoisonnées, les fourmis de feu dans le creux d’un arbre qui sautent de partout quand elles sont attaquées, le ficus dévoreur d’arbre, des champignons, des feuilles d’arbres immenses, des eucalyptus… De retour au lodge au pas de course car la pluie fait son apparition, nous y prenons notre premier repas, dont le plat est servi dans des feuilles de bananiers.

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L’après-midi, nous partons marcher sur l’île au singe, non loin de là. Elle fait 800 m de large sur 3 km de long au milieu du fleuve Madre de Dios. C’est sous une pluie battante que nous y allons, traversant en bateau la rivière et espérant voir la colonie de singes qui y vit. Pérou blog 56Au début, ils semblent s’abriter de la pluie car ils restent invisibles, puis finalement nous apercevons le mâle dominant (alpha male) très haut dans un arbre. Petit à petit, toute la colonie va s’intéresser à nous, comme nous à eux. Nous admirons des capucins blancs, des capucins noirs et un singe écureuil. Nous rentrons heureux mais mouillés ! Et en plus il se met à faire froid. Apparemment cela arrive trois à quatre fois par an, un courant d’air vient de Patagonie, apporte la pluie et quelques jours de rafraichissement, zut alors… Ophélie et Lilian se mettent dans leurs duvets sous l’unique couverture de leur lit pour se réchauffer et ils s’endorment. Ils se reposent bien, même si du coup ils ratent la dernière sortie de la journée et le dîner.

Car à la nuit tombée, nous reprenons un bateau pour essayer d’aller voir des caïmans sur les rives du fleuve. La nuit est noire. Avec de fortes lampes, nos guides scrutent la berge. Pérou blog 57Ce n’est finalement que lorsque nous changeons de rive qu’ils aperçoivent un petit caïman, qu’ils attrapent à mains nues ! Du coup, le guide nous fait une mini conférence dans le bateau en tenant le caïman dans les mains. Impressionnant ! Nous allons nous coucher en grelottant un peu car il n’y a pas moyen de fermer les fenêtres. Nous calfeutrons donc celle côté vent en utilisant un matelas disponible ! Vêtus de nos vestes, cela fera l’affaire…

Notre deuxième journée dans la forêt amazonienne commence tôt car nous petit-déjeunons à 5h30 et partons à 6h pour nous rendre au cœur de la réserve Tambopata, au lac Sandoval. Pour cela, il nous faut passer par le bureau du parc situé un peu en amont du fleuve, c’est l’occasion d’un premier trajet en bateau. Puis une longue marche originale commence. Pendant plus d’une heure et demie nous suivons un sentier au cœur de la jungle. Mais ce chemin est en fait presque exclusivement de la gadoue. Nous y allons franchement car nous sommes équipés de bottes en caoutchouc. C’est à la fois très rigolo mais aussi fatiguant. Nous faisons des pauses régulières pour que notre guide nous explique tel ou tel aspect de la faune ou de la flore. Une termitière ici, un fruit de la jungle là… Finalement nous arrivons à un petit bras d’eau du lac. Nous prenons une grande barque et en ramant nous nous dirigeons vers l’étendue d’eau. C’est magnifique d’avancer sur l’eau calme au milieu des arbres touffus. Une fois au lac, nous longeons ses berges, observons de nombreux oiseaux, une petite colonie de minuscules chauves-souris qui dorment en colonne sur le tronc d’un arbre ; puis un peu plus loin, nous avons la chance de pouvoir admirer la famille de loutres géantes qui habite le lac. Elles sont protégées car en voie de disparition et le lac Sandoval est un lieu privilégié pour elles. Parfois appelées loups de rivière, elles mangent 4kg de poissons par jour chacune… Pas étonnant que leur poids atteigne les 60 kg. Un héron qui traverse le lac passe non loin de nous pendant que notre guide nous explique que dans le lac il y a aussi des anacondas, des alligators, des piranhas, des raies… autant d’animaux que nous ne verrons pas dans l’eau boueuse et chaude du lac. Il est temps de rentrer et de faire le parcours inverse. L’appétit est plus qu’ouvert lorsque nous arrivons au lodge vers 13h après sept heures d’expédition.

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Une petite sieste est la bienvenue, puis vers 16h, nous expérimentons la canopée. En fait, à proximité du lodge a été aménagé un immense escalier qui permet d’accéder à une plateforme située à 30m de haut sur un arbre. Mais ce n’est pas tout, il y a ensuite une longue passerelle montante suspendue qui donne accès à une autre plateforme à 35m sur un arbre encore plus haut. C’est génial de pouvoir observer la nature de la cime des arbres. Pérou blog 60D’ailleurs nous admirons plein d’oiseaux et nous avons une vue splendide sur le fleuve au milieu de la forêt amazonienne. Mais le plaisir est quelque peu atténué par la peur du vide environnant surtout qu’au niveau sécurité, en particulier pour les enfants, nous n’avons pas toutes les garanties puisqu’il n’y a même pas de harnais qui nous relie à l’un des câbles du pont suspendu. Quant aux plateformes qui ne sont pas très plates, elles ont des barrières sommaires. Bref, c’est superbe mais un peu inquiétant. Du coup, Stéphanie en particulier a hâte de voir son petit monde à des hauteurs moins vertigineuses et nous ne nous attardons pas trop.

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Pour finir cette deuxième journée, nous avons une nouvelle sortie nocturne, terrestre cette fois. Une petite heure de marche autour du lodge. Nous avons nos lampes de poche pour tenter de voir la faune. Si au départ nous sommes dans l’expectative, nous ne tardons pas à prendre conscience de toutes les bêtes qui vivent là tout près. Un bébé serpent est avachi sur les feuilles d’une petite branche d’arbre, une grenouille nous surveille non loin du chemin, un criquet se prélasse sur une feuille, des papillons dorment tranquillement, des araignées tissent leurs toiles, un escargot géant fait sa vie… Notre guide avait envie de nous montrer de près une tarentule, mais peut-être à cause du froid, les trois habitats qu’il titille pour appâter l’araignée velue sont vides. Nous rentrons nous mettre au chaud, contents d’avoir pu obtenir des couvertures supplémentaires.

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Dimanche, nous profitons d’une relative grasse matinée. Après un peu d’école, vers 11h, nous faisons une sortie kayak sur la Madre de Dios. Le courant est fort et il importe d’être vigilant où l’on va. La sortie s’achève par une baignade (pour ceux qui le souhaitent) dans les eaux du fleuve. L’endroit où nous nous baignons reste malgré tout choisi avec soin afin d’éviter des rencontres animales malencontreuses. L’eau est douce, le cadre magnifique et la baignade originale ! Nos trois jours dans la forêt amazonienne s’achèvent. Malheureusement la météo n’a pas été optimale, mais le coup de froid a évité la présence de trop de moustiques… Et puis, nous comprenons pourquoi on l’appelle la rainforest ! Cette immersion dans ce haut-lieu de la biodiversité qu’est le bassin amazonien nous fait prendre conscience à quel point c’est un bien précieux dont il faut prendre soin, et ce n’est pas le moindre des défis…

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Après avoir profité de nous prélasser, de lire, d’explorer un peu, et même de remonter sur la plateforme à 30m de haut pour les téméraires, il est temps de rentrer à Puerto Maldonado. Nous avons un bon échange avec Carlos, le propriétaire du lodge ; puis nous allons manger un brin avant de reprendre le bus de nuit pour Cuzco. Etonnamment, la route nous paraît moins paisible et bien plus sinueuse qu’à l’aller. De plus, nous sommes arrêtés un long moment à un endroit où il semble y avoir des travaux. La route est simplement coupée. Nous apprendrons le lendemain qu’il y aurait eu un éboulement l’avant-veille qui a peut-être impliqué que nous prenions au moins en partie une route alternative, mais nous n’avons été informés de rien et nous ne savons ce qu’il en a été. Toujours est-il que nous arrivons avec deux heures de retard, sains et saufs. Nous retournons chez Dante et Irina qui ont déménagé entre temps. Après une bonne douche, nous allons nous balader dans Cuzco pour explorer certains endroits encore inconnus pour nous. Nous commençons par la tour du Pachacutec, un des Incas importants. Au fur et à mesure de la montée dans la tour, nous en apprenons sur sa vie et son influence pour la ville de Cuzco. Au sommet, la vue sur la ville est splendide. Nous nous rendons ensuite vers le quartier San Blas, avec ses ruelles étroites, son église en pisé dont la chaire intérieure en bois est exceptionnelle, constituée de plus de mille pièces différentes assemblées avec précision. En début d’après-midi nous découvrons le musée des arts populaires, puis le marché ; après quoi nous rentrons, la fatigue se faisant sentir.

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Mardi, pour notre dernière matinée à Cuzco, nous commençons par la visite d’un site inca exceptionnel en bordure de la ville, le Saqsaywaman (prononcer « sexy woman » !). Cette forteresse défensive construite par Pachacutec offrait un triple mur de remparts en forme de zigzag afin d’obliger les éventuels assaillants à offrir le flanc aux défenseurs. En plus d’être un lieu de garnison dans lequel vivaient plusieurs milliers d’hommes, c’était un haut lieu cultuel. Situé sur les hauteurs de Cuzco, à 3700 m d’altitude, ce site grandiose s’est fait dépouiller de nombre de ses pierres qui ont été utilisées pour la construction de la ville par les Espagnols. Malgré tout, les quelques 20% restants donnent une idée assez précise de ce que pouvait être le lieu. Les murs qui demeurent témoignent une fois de plus de la qualité et de la précision des assemblages de pierres parfois énormes.

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Nous redescendons à pied jusqu’au centre-ville de Cuzco. Nous tombons sur une sympathique et joyeuse procession à l’occasion de la journée mondiale sans tabac. Nous allons jusqu’au musée d’art contemporain, et bien nous en prend car la visite est appréciée de toute la famille avec des œuvres originales et très belles. Alors que nous nous apprêtons à partir, nous sommes les témoins intéressés du défilé des profs et des étudiants à l’occasion d’une cérémonie de remises de diplômes universitaires qui a lieu dans l’auditorium du musée.

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Nous rentrons finir de préparer nos bagages pour ensuite partir prendre le bus à 14h. Nous rentrons à Lima, et si tout va bien nous mettrons 21h30. C’est un bus encore plus confortable que ceux que nous avons eus jusqu’à présent, avec écran individuel, sièges qui s’allongent, couverture et oreiller, repas du soir et petit-déjeuner servi… Le temps passe assez vite. Nous sommes retardés dans l’après-midi par des travaux : du coup la route est coupée pendant une heure environ. Une autre pause s’impose en début de nuit lorsque nous avons un accident. Dans un tournant sur les routes étroites et sinueuses qui nous mènent de Cuzco à Nazca, une voiture nous double mais a mal calculé son coup et entre en collision avec nous. Le choc est réel mais peu violent et les deux véhicules peuvent s’arrêter sans encombre un peu plus loin et pourront même repartir peu de temps après avec juste un peu de tôle froissée. La fin de la route se passe sans encombre et nous arrivons à Lima avec une bonne heure de retard. L’après-midi, nous nous occupons du linge, de faire un peu d’école et de nous détendre après toutes ces heures de bus. Le lendemain, jeudi, c’est notre dernière journée à Lima… plutôt tranquille. Nous ferons malgré tout une sortie jusqu’au musée archéologique, anthropologique et historique de Pueblo Libre, qui est d’une richesse inouïe et bien plus grand que nous le pensions. La visite est super, et tire en longueur, car le musée recèle des ailes cachées que nous découvrons au fur et á mesure. Pérou blog 67Le soir, alors que les enfants ont préféré dîner tôt et rester tranquillement à la maison pour se coucher, nous allons dîner dans une chifa (un restaurant « chinois ») avec Edgar et Nancy, nos hôtes de Lima, ainsi qu’avec Arturo, accompagné de ses parents, qui a tout fait pour faciliter notre séjour ici. Nous passons une agréable dernière soirée péruvienne en bonne compagnie. Demain c’est le départ pour Los Angeles aux Etats-Unis, le dernier pays de notre zigzag du monde. Nous allons retrouver l’hémisphère nord et la chaleur, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Cette dernière étape sud-américaine au Pérou pendant tout le mois de mai nous a permis de voir de nombreuses facettes de la richesse et de la variété culturelles et naturelles du continent attachant qu’est l’Amérique du sud.

J 288-292 – Chez les Incas : Cuzco et le Machu Pluiviu

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18-22 mai 2014

Arrivés à Cuzco de bon matin, une fois la voiture déchargée et tout le monde installé, Stéphanie repart faire les courses avec Dante et Irina. Direction le marché de Plaza Real. C’est un vrai marché local, immense, avec des étalages de toutes sortes et même des femmes installées par terre avec les petites productions de leur potager. Il y a la marchande de patates : plus de cinquante sacs remplis de variétés différentes, celle qui vend des haricots de toutes les couleurs, les différents maïs par montagnes, le marchand de teinture en poudre, l’allée des fromages, des pains, des viandes. Il y a des odeurs délicieuses de coriandre et d’autres herbes. Nous nous arrêtons pour acheter un poulet : la marchande le prépare sur place. Puis c’est le tour du mouton : la vendeuse attrape un demi-mouton, et saisissant une hache, entreprend d’en couper la moitié sur un tronc d’arbre. Heureusement que Solène n’est pas là pour voir ça ! Côté fruits, nous dégustons mandarines, papayes et mangues avant d’acheter ! Finalement, nous quittons cet endroit plein d’activité et, après un ou deux arrêts supplémentaires aux supermarchés pour compléter, nous rentrons pour préparer un petit déjeuner royal et très attendu !

Pérou blog 42Pendant que les enfants restent à la maison, Dante nous emmène rencontrer un de ses amis qui est guide touristique afin qu’il nous aide à organiser notre séjour à Cuzco et au Machu Picchu. Il finit par nous faire une proposition d’excursion, mais nous préférons attendre un peu pour comparer. Bien nous en prend, car nous trouverons en ville une sortie équivalente pour nettement moins cher, et pour nous cela compte ! Nous en profitons pour découvrir le centre-ville et voir la Plaza de Armas encadrée de la cathédrale et de l’Eglise de la Compagnie de Jésus. Nous pouvons entrer gratuitement dans cette dernière car c’est l’heure de la messe. Il y a de belles peintures représentant des mariages de l’époque espagnole. La fin de la journée se déroule tranquillement. Il ne fait pas chaud non plus ici à Cuzco, nous gardons parfois les vestes dans l’appartement, même si c’est moins frigorifique qu’à Juliaca ! En soirée, Irina nous emmène en haut d’une colline où il y a un Christ blanc qui surplombe la ville et nous admirons Cuzco de haut, qui avait il y a bien longtemps la forme d’un puma, puis nous allons nous balader un peu dans Cuzco by night.

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Irina a décidé qu’elle serait notre chauffeur et après avoir emmené ses enfants à l’école lundi matin, elle revient nous chercher pour nous déposer en ville. Nous passons à côté de la tour qui marque les ruines de l’ancien temple de Pachacutec, un des Incas les plus importants de Cuzco et nous nous promenons dans les ruelles pour faire connaissance avec la cité. En passant devant le Choco Museo, nous entrons pour voir si nous pouvons visiter la fabrique. Le Pérou est un des hauts-lieux du cacao ! En fait, il est même possible de participer à un atelier pour fabriquer son propre chocolat ; nous sommes heureux d’y inscrire les enfants pour la deuxième partie de l’après-midi. Irina vient nous chercher vers 13h30 pour rentrer déjeuner et nous passons l’après-midi à faire les devoirs, puis les enfants jouent avec Dante et Irina juniors (les enfants portent les mêmes prénoms que leurs parents). Pérou blog 44Nous proposons aux enfants de nos amis de se joindre à nous pour l’atelier chocolat, mais seul Dante peut nous accompagner, Irina a des travaux manuels à faire pour l’école avec des camarades. Nous partons donc et après une introduction du chef sur la façon dont le cacao pousse, il nous montre la gousse et la fève, les enfants commencent à préparer le cacao à partir du début du processus : séchage et gril des fèves, épluchage et réduction en poudre avec un mortier. Le chef fait goûter le cacao en poudre. C’est tellement amer qu’il propose un thé de cacao pour faire passer le goût, à base d’écorces de fèves. Ca a bien le goût du cacao, mais à l’eau. Ils fabriquent ensuite la boisson au cacao d’origine inca (chocolat en quechua se dit « xocolatl ») : cacao, miel, piment et… sang des ennemis ! Heureusement, ils n’en ont pas ! C’est assez fort mais pas si mal. Puis, c’est la fabrication du premier chocolat au lait par les Espagnols : cacao, sucre, cannelle et lait. C’est mieux ! Ensuite, c’est le grand moment : chacun fabrique ses petits chocolats, noirs ou au lait au choix, et verse dans de petits moules du chocolat fondu, agrémenté de toutes sortes de garnitures ou épices : marshmallows et smarties ont la préférence, mais il y a aussi des raisons secs, du piment, de la cannelle, des grains de café, du chinchin, un épice locale… Après une activité aussi intense et la figure toute chocolatée, nous rentrons tous contents. Nous passons à l’agence où nous avons réservé nos billets pour aller au Machu Picchu, mais tout n’est pas prêt, il faudra repasser demain, heureusement que nous sommes encore là. Nous avons remarqué que les Péruviens sont super gentils, mais pas toujours fiables professionnellement, que ce soit pour la laverie ou autre chose !

Mardi matin, nous retournons en ville récupérer nos chocolats qui ont passé une nuit au réfrigérateur pour durcir, et nos billets pour Machu Picchu, puis nous allons visiter le musée régional historique. Nous y découvrons quelques salles sur l’histoire des Incas et de la conquête espagnole. Une fois la ville pillée de son or et les temples détruits, la ville a été colonisée. Nous allons ensuite visiter justement les ruines du temple du soleil de Cuzco, sur lequel l’église San Domigo a été bâtie. Mais il reste d’importantes fondations. A l’intérieur du cloître se trouvent encore des restes des anciens murs du temple, inclinés à 13% en pierres taillées de manière très précise et avec des ouvertures en forme de trapèze pour plus de solidité en cas de tremblement de terre. Nous constatons que la civilisation inca était très avancée en matière d’astronomie et que le temple avait été édifié en fonction de certains alignements des étoiles à certaines périodes de l’année. Ils disposaient d’un calendrier des saisons ainsi que d’un calendrier des cérémonies religieuses. Nous allons ensuite manger à  l’école de Dante et Irina, puis passons un moment l’après-midi à faire l’école puis à jouer avec les enfants. Nous repartons vers 18 heures pour un spectacle de danses traditionnelles qui est inclus dans notre billet touristique, indispensable pour visiter les sites culturels et historiques de la région. Nous passons donc une heure éblouis devant la variété, les couleurs, la beauté des costumes et des danses des différentes régions du pays.

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Mardi, lever matinal pour deux jours d’excursion : la vallée sacrée le premier jour et le Machu Picchu le deuxième. Nous avons rendez-vous à l’agence où un petit bus passe nous prendre et nous quittons Cuzco par la montagne, ce qui nous permet d’admirer la ville de haut. Ici, pas de terrasses sur les toits comme à Puno, mais de jolis toits en tuiles qui donnent une homogénéité à la ville. Nous roulons jusqu’à Pisaq où nous visitons une bijouterie qui fabrique des bijoux traditionnels : ils utilisent les matériaux précieux déjà utilisés du temps des Incas et considérés parfois comme plus précieux que l’or : le coquillage irisé abalone, celui qui a des bords couleur corail, la turquoise, le lapis lazuli, etc. Ces matériaux sont sertis d’argent en forme de symboles incas et souvent confectionnés aux couleurs de l’arc-en-ciel, grand symbole quechua. Nous visitons ensuite le fabuleux marché du village où nous retrouvons tout l’artisanat du Pérou. Les ruelles ne sont occupées que par des petites boutiques qui recèlent étoffes, tissages, cuirs, peinture, poteries de toutes les couleurs, de même que sur la Plaza de Armas presque chaque mètre carré est occupé par de multiples vendeurs.

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Nous remontons dans le bus pour prendre de la hauteur et nous rendre au Pisaq inca, au sommet de montagnes voisines. Nous sommes impressionnés par les innombrables terrasses sur les flancs vertigineux des cimes. Et puis il y a plusieurs villages, des systèmes d’irrigation impressionnants qui permettaient aux Incas de produire maïs, quinoa et autre dans les meilleures conditions. Il se dit que c’est dans cette vallée que se produisaient les meilleurs maïs du monde. Nous nous promenons au milieu des murs et des constructions de pierre, admirant la qualité des ouvrages et leur état de conservation.

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Nous continuons ensuite vers Ollantaytambo (nous avons mis un certain temps avant d’arriver à le dire par cœur, les mots quechuas peuvent être très longs !). Au cœur de la vallée se trouvent les restes d’une ville inca, qui pour une fois n’est pas conservée comme un musée, mais qui est la base du village actuel. Il y a néanmoins un site archéologique protégé exceptionnel constitué de greniers, de temples et de très nombreuses terrasses. On se rend bien compte ici de la triple utilité des terrasses incas : certaines servaient au soutènement, d’autres pour l’agriculture et enfin celles du troisième type avaient pour but l’ornement, souvent autour des temples et remplies de fleurs ! Le temple du soleil, situé au sommet d’une colline et de ses 17 terrasses, est constitué de cinq pierres parfaitement ajustées. Il a une particularité qui rend son positionnement exceptionnel : Ollantaytambo est à la conjonction de deux vallées, or le 21 juin les premiers rayons du soleil levant viennent éclairer le temple depuis la première vallée, alors que le 21 décembre il en est de même, mais de la deuxième vallée ! Incroyable capacité des Incas à observer et concevoir tout cela…

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Après ces découvertes de la vallée sacrée, nous abandonnons le bus qui nous a accompagnés jusque-là car il n’y a plus de route. Le seul moyen de se rendre à Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu, est de prendre le train. Le nôtre part à 16h36 et parcourt en 1h30 les 42 km de la vallée encaissée le long de la rivière sur une voie unique (à l’exception de quelques endroits où les trains peuvent se croiser). Pérou blog 50Par la fenêtre nous admirons le paysage, apercevons parfois le chemin de l’inca trail où les marcheurs s’en donnent à cœur joie. Le village d’Aguas Calientes n’a de raison d’être que parce qu’il est le point de départ de la visite du célèbre Machu Picchu. Nous y arrivons de nuit et allons prendre possession des deux chambres réservées. Il y a malgré tout une belle ambiance dans les rues et nous nous promenons un petit moment avant de dîner puis de nous coucher.

Pendant la nuit, la pluie se met à tomber et malheureusement le temps ne se découvre pas le matin venu. Qu’à cela ne tienne, à 7h, nous nous mettons en route pour aller prendre les bus indispensables pour accéder au Machu Picchu. Nous achetons en passant des ponchos pour nous protéger de la pluie… Ils vont s’avérer plus qu’utiles. Nous regrettons l’absence du soleil, mais au fur et à mesure que nous montons sur une piste assez vertigineuse et très sinueuse, nous ne manquons pas de nous émerveiller devant les nuages et les nappes de brume qui donnent l’impression de jouer avec les montagnes abruptes environnantes. Nous sommes sur le versant oriental des Andes et il y a un avant-goût de la forêt tropicale, tout est verdoyant. Il nous faut une demi-heure pour accéder au site, de longues minutes qui nous laissent le temps de nous interroger mais aussi d’admirer la capacité des Incas à construire une véritable ville sur un site aussi élevé, isolé, inaccessible. Une fois sur le site, nous trouvons notre guide et commençons la visite qui va durer 2h30. Nous commençons par grimper un peu afin de passer par la porte du soleil, qui était à l’époque la seule entrée dans la ville et surtout qui permet d’avoir une vue magnifique sur l’ensemble de la cité. On parle de ce lieu comme du Machu Picchu mais en fait, c’est le nom quechua de la montagne juste à côté, qui signifie « vieille montagne ». De plus, la montagne que l’on voit habituellement sur les photos, en arrière-plan de la cité inca en est une autre, le Huayna Picchu, « jeune montagne »… Toujours est-il qu’ici vivaient entre 800 et 1000 personnes. C’était un haut lieu cultuel, astronomique, agricole et communautaire. La ville marque l’apogée de la culture inca. Construite au XVe siècle, elle a été abandonnée par les Incas lors de la conquête espagnole afin de la préserver et de la garder secrète. Ainsi les conquistadors qui n’en n’ont rien su n’ont pas pu, pour une fois, piller le site ou le transformer en église. Même si la ville est restée connue des locaux, elle a été « redécouverte » et rendue publique en 1911. Après une longue introduction de notre guide au niveau de la porte du soleil, alors que nous bénéficions d’une éclaircie, nous découvrons ensuite une partie de la multitude des richesses que recèle la citadelle. Terrasses agricoles, fontaines, maisons d’habitation dont celle du chef inca, greniers, maison du gardien, plusieurs places, dont une immense, observatoire astronomique et bien  sûr plusieurs temples dont le temple du soleil avec son mur arrondi, le temple des trois fenêtres et le temple du condor. Malheureusement, la pluie se remet à tomber et même de plus en plus fort. Alors que nous pensions nous promener longuement pour continuer l’exploration du site dont la visite guidée ne nous a donné qu’un premier aperçu, tellement le site est grand et exceptionnel, les enfants demandent à rentrer. La pluie freine notre élan et ceux de nombreux visiteurs d’ailleurs, ce qui crée une longue queue pour redescendre en bus. Nous nous séchons et nous nous réchauffons à l’hôtel où nous avions dormi, puis à 14h30 nous reprenons le train pour Ollantaytambo, puis un bus jusqu’à Cuzco. Notre excursion au Machu Picchu s’est un peu transformée en Machu Pluiviu, mais si la pluie a un peu raccourci et terni la visite, cela nous a permis malgré tout d’avoir l’immense plaisir de voir de nos propres yeux ce site vraiment exceptionnel.

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J 283-287 – Sacré lac Titicaca

publié le by Gabriel Monet publié dans Carnet de route | Commentaires fermés

13-17 mai 2014

Après notre excursion dans le canyon de Colca et une dernière nuit à Arequipa, nous quittons la ville blanche pour nous rendre en bus à Puno. Six heures de route, un peu plus que prévu… Pérou blog 28Nous avons la chance d’être tout devant à l’étage du bus et donc d’avoir une vue panoramique. On nous sert un petit-déjeuner dans le bus mais pas de déjeuner. Arrivés à Puno, nous nous rendons au Quechua Inka backpackers où nous allons dormir, puis ressortons sans tarder… pour découvrir la ville mais aussi pour manger. La ville tranche par rapport à la blancheur d’Arequipa et se présente dans les tons ocre des briques ou de la terre qui habillent beaucoup de maisons de pisé. Les deux places principales sont agréables et vivantes ainsi que la rue piétonne qui les relie. Une chose marquante est l’altitude que nous ressentons dès que nous marchons, surtout en montée… Nous sommes à plus de 3800 m et le moindre effort se sent tout de suite du fait du manque d’oxygène. De plus il fait frais, pour ne pas dire froid. Enfin et surtout, il y a le lac Titicaca que nous avons admiré de haut en arrivant sur Puno et que nous apercevons ici ou là en fonction de l’endroit où nous sommes. L’appétit est plus qu’ouvert à 17h quand nous mangeons la plus grande pizza que nous ayons jamais vue. Et il n’en est rien resté ! Après le repas, nous faisons un peu les boutiques artisanales et profitons de l’ambiance détendue de la soirée. Nous nous renseignons en vue d’une excursion sur le lac Titicaca puis rentrons tranquillement nous reposer.

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Mercredi, nous passons une journée détendue à Puno… Au programme : visite de la cathédrale, exposition de peinture, maison d’artisanat, musée Carlos Dreyer… Dans l’après-midi, nous prenons un moto-taxi que les enfants appellent tuk-tuk, pour aller jusqu’au lac. Il s’agit d’un tricycle motorisé et couvert. Lilian est sur un strapontin à côté du chauffeur et les autres serrés derrière. Une fois au lac, nous visitons le petit musée qui présente le Titicaca puis nous nous promenons un moment : Il y a un endroit où l’on peut faire du pédalo pour trois fois rien ; nous nous lançons, mais l’expérience n’est pas concluante car avec la multitude de lentilles d’eau, il faut faire des efforts considérables pour avancer et pour diriger l’embarcation. Nous continuons la balade sur une longue jetée puis rentrons chez nous. Nous préparons un repas simple après lequel les enfants sont contents de se coucher, la fatigue liée à l’altitude se faisant sentir. Alors que Lilian et Ophélie dorment et que Solène lit, nous en profitons pour ressortir un moment dans Puno by night. Gabriel fait l’acquisition d’une veste péruvienne, comme Solène un peu plus tôt dans la journée, car il fait vraiment froid (et en plus elles sont jolies).

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Jeudi nous faisons nos bagages, dont nous laissons la plus grande partie à la réception de l’auberge, puis nous partons pour deux jours sur le lac Titicaca. Une fois au port, nous montons dans un bateau, le wayra cusi, qui en quechua signifie « vent joyeux ». Le lac Titicaca est considéré par beaucoup comme un lac sacré. La légende inca veut qu’il soit le lieu de naissance du soleil. Il est situé à une altitude d’un peu plus de 3800 m ! Cela en fait le lac navigable le plus haut du monde. Mais au niveau superficie, il n’est que le 11ème plus grand lac du monde, les trois premiers étant dans l’ordre, le lac Supérieur, le lac Victoria et le lac Baïkal. Même s’il y a plusieurs hypothèses, le nom du lac vient de la langue locale, le quechua, et signifie « puma de pierre », en référence à une pierre gravée d’un puma sur l’île du soleil, sur la partie bolivienne du lac. Il y a trois théories quant à la formation de ce lac : selon la théorie tectonique, il est le fruit de la rencontre de deux plaques ; selon la théorie glacière, il est un ancien glacier devenu lac du fait du réchauffement ; enfin selon la théorie volcanique, il serait un ancien cratère. Toujours est-il que nous partons à sa découverte, même si du fait de sa longueur de 165 km nous n’en verrons qu’un partie.

Notre première étape est pour les îles Uros, à 6 km de Puno, au milieu des joncs. Ces îles sont flottantes, faites de main d’homme avec les joncs environnants. D’ailleurs, tout est de joncs sur ces îlots. Le sol, les maisons, les lits, etc. Cela remonte à une tradition ancestrale. A vrai dire, il semble que la communauté qui vivait ainsi ait disparu mais ces habitats originaux ont perduré pour une frange de population contente de pouvoir vivre ainsi et pour beaucoup d’entre eux d’en faire une activité touristique. Du coup, c’est vrai que même si nous sommes émerveillés par ces 85 îles flottantes, nous nous ne pouvons éluder un certain côté artificiel lié à l’activité touristique importante qui y prend place. Chaque île qui fait quelques dizaines de mètres carrés est habitée en moyenne par trois ou quatre familles. Ces îles sont constituées d’une première couche de terre où il y a les racines de joncs puis de plusieurs couches de joncs coupés et séchés. La durée de vie d’une île est d’environ 10 à 20 ans, mais la couche supérieure de joncs doit être renouvelée tous les 2 à 3 mois. Ces îles qui sont arrimées au fond pour ne pas dériver peuvent perdurer car installées dans la baie de Puno et protégées des joncs. Certains ont essayé d’en installer à d’autres endroits du lac, mais sans succès, les vagues détruisant les îles en quelques semaines. Il y a sur certaines îles un trou d’eau pour la pêche, et sur toutes un mirador (auparavant utilisé pour guetter l’ennemi, aujourd’hui pour que les touristes aient une vue sur les îles). Dans cette ville constituée par l’ensemble des îlots, il y a une école, une église, une mairie, un centre de santé, etc. Néanmoins, sur chaque île, tout y est très simple, les maisons sont minuscules. En majorité, ce sont les femmes qui font tourner l’activité touristique, faisant la visite, fabriquant et vendant de l’artisanat, conduisant les bateaux de joncs qui permettent d’aller d’île en île (et les bateaux à moteur qui y sont souvent attachés pour rentrer plus vite quand il n’y a plus les touristes). Les hommes ont pour certains une activité à Puno, ou se consacrent à la cueillette des joncs. Après la visite de deux îles et avoir été de l’une à l’autre en bateau traditionnel, nous reprenons notre embarcation pour continuer notre découverte du lac.

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Après trois heures de navigation, nous arrivons sur l’île d’Amantani, à plus de 40 km de Puno. Nous y sommes accueillis par une famille locale, Vilma et Valter… Ils ont comme nous trois enfants. Nous marchons pour nous rendre jusque chez eux, et c’est là que nous prenons un déjeuner tardif, qui ressemble à une raclette locale : pommes de terre et hoka (racines) avec du fromage frais fondu dessus. Ici, les habitants vivent de l’agriculture, de l’artisanat et du tourisme… La culture maraîchère permet aux habitants d’être autosuffisants ; le quinoa, les pommes de terre et les racines poussent pour leur propre consommation. Il y a dix communautés sur l’île, ce qui représente plus de quatre mille habitants. Mais contrairement aux îles Uros, les choses sont restées très authentiques. L’accueil des visiteurs se fait dans chaque communauté à tour de rôle, de manière organisée et équitable. Pendant quelques heures nous vivons avec cette famille d’accueil et sommes témoins de leur vraie vie. Les femmes sont recouvertes d’une mante noire qui descend bas, brodée de motifs multicolores aux extrémités, qui leur donne une très belle allure. Les enfants rentrent de l’école et petit à petit les liens se tissent avec les nôtres ; ils s’amusent bien ensemble. En deuxième partie d’après-midi, nous entamons l’ascension du sommet de l’île. En plaisantant un peu et pour encourager les enfants, nous leur disons qu’ils sont en train de réaliser leur premier « 4000 ». En fait, il y a deux monts : le Pachatata (4118 m) et le Pachamama (4128 m). Au sommet de chacun d’eux, il y a un temple, carré pour le premier en l’honneur du père-ciel, et rond pour le deuxième pour glorifier la terre-mère. A l’intersection où le chemin se divise, nous ne sommes pas loin du premier sommet, mais nous avons décidé d’avoir pour destination le plus haut. Les enfants sont un peu fatigués par une marche facile en apparence mais rendue compliquée par l’altitude. Du coup, ils se reposent pendant que nous faisons un saut jusqu’au Pachatata, puis entament le Pachamama sans nous attendre. Nous ne nous attardons pas et nous les rejoignons pour arriver tous ensemble au sommet du Pachamama. La vue est splendide d’autant que le coucher de soleil coïncide avec notre arrivée. Grandiose ! Nous nous couvrons car dès le soleil disparu, la fraîcheur reprend ses droits, puis nous redescendons et arrivons de nuit chez nos hôtes. Stéphanie aide à la préparation du repas. Les enfants jouent, puis nous partageons le dîner dans la pièce à vivre où il y a la cuisine. Nous essayons de retenir quelques mots de quechua, mais ce n’est pas simple. Le plus facile à retenir est « bonjour » car il contient le prénom de notre fils : Aliliantchao. Pour dire « bon », cela va encore : soma ; mais pour dire merci, il faut s’y reprendre à plusieurs reprises pour s’en souvenir : unz par szunqui. Nous ne faisons pas long feu et nous allons nous blottir sous les épaisses et lourdes couvertures de laine qui nous protègent tant bien que mal du froid dans les deux chambres qui nous sont réservées.

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Vendredi matin, après un petit déjeuner de crêpes, pour la plus grande joie des enfants, nous disons au revoir à notre famille d’accueil et allons au port pour retrouver notre groupe et poursuivre notre périple sur le lac Titicaca. Nous naviguons pendant une heure vers Taquile. Arrivés là-bas, nous entamons une marche en montée le long de l’île, en hauteur, avec une magnifique vue sur le lac et l’île d’Amantani. Nous arrivons sur la place du village, où se trouve une coopérative artisanale de tissages et de tricots, tenue par les hommes du village. Ici, en effet, c’est la capitale du tricot et du tissage, mais le tricot est réservé aux hommes et le tissage aux femmes. Ce sont les hommes qui portent un vêtement typique, en particulier un bonnet dont les couleurs et la manière de le porter définissent le statut social. Nous nous rendons dans un petit restaurant en hauteur où nous goûtons une soupe de quinoa et une truite du lac. Juste avant, notre guide nous a fait une petite conférence sur les traditions locales, notamment sur le port du bonnet et les mariages qui sont généralement arrangés. Puis nous montons au sommet de l’île à 4000 m d’altitude, nous passons l’arche en forme de soleil, et redescendons les 545 marches qui nous mènent jusqu’à un embarcadère différent de celui du matin mais où notre bateau nous attend pour rentrer à Puno.

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Nous rentrons des îles du lac Titicaca avec plein d’images et de sensations. Nous remontons à notre auberge pour récupérer nos bagages et voir si Dante a répondu à Gabriel concernant notre arrivée à Juliaca, l’Université adventiste où il s’est trouvé toute la semaine et où nous devons le rejoindre pour passer la journée de samedi. Nous avons besoin d’indications pour nous y rendre. Mais finalement, Gabriel parvient à le joindre par téléphone et il se trouve qu’il est à Puno lui aussi avec quelques autres personnes et qu’ils peuvent nous emmener dans leur minibus. Stéphanie file acheter quelques provisions pour la route et la soirée, car nous risquons d’arriver un peu tard et d’être isolés. Effectivement, nous arrivons à l’Universidad del Peru Union et le chauffeur, Heinrich, qui est également un des administrateurs de l’Université, nous conduit au sommet de l’un des plus hauts bâtiments du campus, d’où nous profitons d’une vue panoramique de tout le campus universitaire, de l’école maternelle aux études supérieures. Nous redescendons et Heinrich nous dépose à l’internat des garçons où Dante nous a réservé une chambre pour la nuit. Le bâtiment de l’internat a un patio intérieur, il faut longer trois couloirs avant d’arriver à notre chambre, et notamment traverser le couloir des sanitaires : urinoirs ouverts, douches spartiates… Pérou blog 39Ophélie est effarée devant la situation et déclare tout net qu’elle n’ira pas aux toilettes et encore moins à la douche. Dante est également un peu surpris. Dans la chambre, il n’y a pas de rideaux, et il demande à quelqu’un de venir en poser. Un peu d’intimité ne fera pas de mal ! Heinrich nous invite à venir dîner chez lui et nous avons rendez-vous dans une heure. Nous commençons donc à nous installer pour rentrer dormir après le dîner. Karla, l’épouse d’Heinrich, nous accueille très gentiment et nous apprécions un délicieux porridge de quinoa bien chaud, d’autant qu’il fait froid, même dans la maison. Dante a une discussion avec Heinrich, qui nous propose finalement de dormir chez eux car ils ont une grande chambre de libre. Nous hésitons un peu car c’est un peu abuser de débarquer sans prévenir chez les gens, que toutes nos affaires sont déballées à l’internat et que c’est juste pour une nuit. Mais quand les enfants comprennent de quoi il s’agit, ils sont enthousiastes ! C’est vrai qu’ici c’est un vrai foyer… Finalement, nous retournons remballer les affaires, empruntons des couvertures et nous réinstallons chez Heinrich et Karla. Du coup nous passons une bonne soirée en leur compagnie au lieu de tourner en rond dans notre chambre. Nous passons la nuit à grelotter car la maison n’est pas chauffée. Au matin, nous comprenons, le thermomètre affiche 8° (à l’intérieur) ! Une bonne douche nous réchauffe et après un bon, très bon petit déjeuner, nous accompagnons nos nouveaux amis à l’église. Le soleil s’est levé et réchauffe un peu l’air, mais nous mettons tous les pulls et vestes que nous avons (pas beaucoup). Ophélie accepte d’aller avec le groupe des enfants. Le service a lieu dans un grand gymnase et Dante était l’invité de la semaine. Il ne peut s’empêcher d’annoncer notre présence et nous devons nous lever pour qu’on nous voie ! Pérou blog 40Le service est un peu long, car il y a plus de trente baptêmes à la fin. Mais nous profitons ensuite d’un énorme potluck dans la salle avec tout le monde. On nous fait même passer devant pour être servis en premier car nous sommes visiteurs, ce qui provoque une révolte de Lilian qui trouve que c’est injuste de passer devant les enfants qui faisaient déjà la queue. C’est vrai que la situation nous a mis un peu mal à l’aise, mais ici faire honneur aux étrangers passe avant tout et tous. Du coup, Lilian attend que tout le monde soit servi pour y aller à son tour. Alors que nous devions partir dans l’après-midi, nous apprenons qu’il n’y a un bus qu’à 23h pour Cuzco, la fin de la journée sera longue. Heinrich amuse les enfants en leur faisant des imitations d’animaux très réussies et nous rions un bon coup. Puis c’est sieste pour certains et pendant que les enfants restent à la maison, Stéphanie et Gabriel grimpent en haut du cerro (la colline) qui surplombe l’Université, où il y a un panorama d’ensemble. Nous dînons ensuite avec nos hôtes, et leur sommes une fois de plus reconnaissants de nous recevoir, car la soirée est longue : film pour les enfants et parties de Skip Bo pour les adultes. Nous passons un bon moment avant qu’il soit enfin l’heure de partir. Lilian et Ophélie sont à moitié endormis, et après avoir dit au revoir, nous nous installons dans le bus pour une longue route. Dossiers abaissés, nous ne tardons pas à nous endormir, profondément pour les enfants, un peu plus légèrement pour les parents : le chauffeur allume toutes les lumières aux arrêts et les virages sont parfois un peu serrés quand nous roulons… Nous disons bonjour à Cuzco au petit matin, vers 6h30. Irina, la femme de Dante (qui a aussi voyagé avec nous), est là pour nous accueillir. Nous chargeons le maximum dans leur voiture et nous nous entassons dedans pour quelques minutes de trajet. Après la région du lac Titicaca, place aux découvertes que nous réserve Cuzco la capitale inca, et ses environs.

J 275-282 – Sur la route des condors

publié le by Gabriel Monet publié dans Carnet de route | Commentaires fermés

5-12 mai 2014 

Pour aller de Lima à Paracas, nous devons prendre le bus en milieu de journée. Nous avons le temps de nous préparer tranquillement. Ce ne sera pas aussi paisible qu’espéré car nous devions récupérer notre linge propre à la laverie presque en face de chez nous, mais à 9h30, heure convenue, on nous dit qu’ils sont un peu en retard et que ce sera prêt une demi-heure plus tard, mais en fait après trois ou quatre aller-retour nous avons bien compris qu’on nous mène en bateau. Finalement, à 11h10 Gabriel est obligé d’exiger de nous rendre notre linge en l’état, quel qu’il soit, car nous partons quelques minutes plus tard. Les deux dames sont désolées de nous rentre du linge encore très humide, nous aussi, mais au moins nous avons nos affaires. Nous fourrons les sacs plastiques dans nos bagages et nous filons à la gare routière. Le bus que nous prenons est très confortable et les quatre heures de voyage se passent sans encombre. Après être sortis de Lima, nous avons vite trouvé le désert, avec souvent le Pacifique à notre droite. Les habitations sont nettement plus sommaires qu’à Lima. Nous apercevons quelques élevages de poulets en batterie en plein désert sur des sortes de plateaux surélevés et ombragés. Finalement, nous arrivons à Paracas, une halte appréciée du fait qu’on y trouve une réserve nationale. Nous marchons quelques centaines de mètres jusqu’au centre du village où se trouve notre auberge pour backpackers. Alberto, le gérant, est très sympa et fait tout pour faciliter notre séjour. La nuit est sur le point de tomber, nous faisons un petit tour, faisons quelques courses au minimarket puis préparons le repas dans la cuisine commune et discutons avec quelques autres voyageurs avant d’aller nous coucher.

Pérou blog 11Beaucoup de visiteurs ne restent qu’une journée à Paracas, visitant la réserve maritime constituée principalement des îles Ballestas et de la réserve terrestre. Nous avons décidé de prendre notre temps et d’étaler cela sur deux jours. Nous faisons un peu d’école dans l’agréable patio de l’auberge puis partons vers 11h pour la réserve. Nous nous rendons d’abord à un lieu qu’on continue d’appeler la Cathédrale, une roche très belle en mer qui formait une arche jusqu’au tremblement de terre de 2007. Même avec sa partie supérieure écroulée puis petit à petit avalée par la mer, le site est magnifique, avec un beau contraste entre la mer et le désert. Nous faisons encore deux arrêts pour profiter de ce lieu désertique protégé, puis à une plage de sable rouge, du fait de la présence de ferrite. Nous pique-niquons sur une presqu’île non loin de nombreux pélicans, à proximité de quelques habitations et d’un embarcadère où un bateau de pêche est en train de décharger sa cargaison… Des centaines de kilos de petits poissons. Il y a un joli ballet pour aider au débarquement, où hommes et femmes donnent la main et les pélicans guettent les quelques poissons qui tombent des caisses au passage. Un des pêcheurs met à disposition des enfants une grande brassée de poissons pour qu’ils les proposent ou les lancent aux pélicans, et tout le monde s’en donne à cœur joie. Evidemment à la fin, il nous demande une petite compensation. Notre dernière étape dans la réserve est pour le musée d’interprétation. Nous y apprenons pas mal de choses sur la réserve, sur la partie péruvienne de l’océan. Ainsi par exemple, il semble que le Pérou n’ait que 0,1 % des côtes de la planète mais 10 % de la pêche mondiale ! Au retour, Ophélie joue avec Senaya, une petite fille québécoise. Elle est dans la même auberge que nous avec sa maman Marjolaine avec qui nous sympathisons.

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Mercredi, nous nous levons tôt pour participer à la sortie en mer permettant de faire le tour des îles Ballestas, où vivent loutres, lions de mer, pingouins… A 8h sur le quai du port, nous apprenons que la houle en mer est trop grande pour pouvoir partir. Un autre avis sera donné à 8h30, mais à l’heure dite, il est annoncé à tous que le port restera fermé toute la journée. Etonnant à première vue car dans la baie où nous sommes, l’eau est très calme, mais nous ne doutons pas qu’il en soit autrement au large. Nous sommes un peu moins frustrés que la majorité des participants à l’excursion, car nous avons eu la chance de faire une sortie un peu similaire au nord du Chili autour de l’île Charanal, mais les enfants se réjouissaient. Dommage ! Du coup, nous passons une journée tranquille, avec étude, lecture, détente, balade sur la plage et autour du port…

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Jeudi, nous partons pour Arequipa, quelque 800 km plus au sud. Avant de quitter l’auberge vers 10h, nous avons le temps de voir revenir du port ceux qui espéraient aller en mer, mais le port reste toujours fermé et il semble qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin de la semaine. Nous nous sommes préparés à faire les douze heures trente de bus, qui seront en fait quatorze heures, du fait du retard. Grâce au confort du bus, des repas servis, des tablettes et livres, le temps passe tant bien que mal. La première partie de la route est constituée principalement de grandes lignes droites au milieu du désert. Nous passons par Nazca, sans nous y arrêter car les fameuses « lignes » ne se voient véritablement qu’en les survolant en avion. Nous admirons quand même en passant ces immenses plaines sans fin qui ont servi de support artistique il y a quelques centaines d’années. Au moment du coucher de soleil, nous longeons l’océan et admirons les fortes vagues qui viennent s’écraser sur les plages ou les rochers. Ensuite la route est nettement plus sinueuse, rendant très relatif le sommeil de ceux qui arrivent à s’endormir. Ce n’est qu’à minuit et demi que nous arrivons à la gare routière d’Arequipa. Nous avons loué un appartement pour cinq nuits dans la ville blanche, du fait des pierres blanches de nombreux bâtiments. Heureusement, les propriétaires sont prévenus de notre arrivée tardive et c’est très gentiment qu’ils nous accueillent en pleine nuit.

Pérou blog 14En nous réveillant assez tard le vendredi matin et en ouvrant les rideaux, nous sommes très admiratifs devant les imposants volcans qui surplombent la ville, le Misti avec son cône magistral et le Chachani avec ses neiges éternelles. Stéphanie et Gabriel vont faire quelques courses et les enfants consacrent la fin de la matinée aux maths et au français. L’après-midi, nous faisons une première visite de la ville, à commencer par la Plaza de Armas avec sur trois côtés ses beaux bâtiments à arcades sur deux étages, ainsi que l’immense cathédrale, la seule du pays qui occupe tout un côté de la place. De fait elle est vraiment grande et inhabituellement la belle et grande façade est le côté de l’église. Elle n’est ouverte que le matin de 7h à 10h, nous essayerons d’y passer demain matin. Pérou blog 15Nous visitons aussi le musée historique municipal, avec quelques belles pièces pré-incas et une collection assez variée plus ou moins en  lien avec la ville ; en particulier une série de maquettes en bois des façades des bâtiments importants de la ville qui valait le coup d’œil. Nous nous renseignons également pour une excursion dans le canyon de Colca. Il y a quantité d’agences qui proposent cette sortie, pour un ou plusieurs jours, avec ou sans trek. Finalement, notre choix s’arrête sur une excursion de deux jours organisée par Colca Trek Adventure Travel qui s’est fait une spécialité de sortir des sentiers battus. Ce sera pour dimanche et lundi. La nuit est tombée et les lumières de la ville contrastent avec le bleu profond du ciel. Nous rentrons à pied à notre appartement un peu en dehors du centre, allant parfois plus vite que les taxis et collectivos  sur-bondés et colorés.

Pérou blog 16Samedi, nous partons assez tôt pour aller voir l’intérieur de la cathédrale, plus simple (en clair moins rococo) que beaucoup d’églises sud-américaines que nous avons visitées. Nous nous dirigeons ensuite vers le couvent Santa Catalina auquel nous allons consacrer une longue visite. C’est le site le plus exceptionnel d’Arequipa, le couvent le plus grand d’Amérique du sud, une vraie ville dans la ville ! Il date du début des années 1600 et a bien sûr fait l’objet d’incessantes transformations, notamment pour reconstruire après les dégâts causés par les tremblements de terre successifs. Nous bénéficions d’une visite guidée en français rien que pour nous ; pour une fois les enfants vont pouvoir profiter directement des explications, sans que nous ayons besoin de leur faire des résumés-traductions. Le site est vraiment impressionnant. Couvent cloîtré, nous commençons par visiter le parloir situé près de l’entrée où, à travers des claustras, les religieuses pouvaient communiquer une heure par mois avec leurs familles et parfois recevoir un cadeau via un tourniquet. Nous visitons ensuite le quartier des novices, qui entraient ici par tradition et non par vocation… Selon la tradition, la première fille de la famille faisait l’objet d’un mariage arrangé, la deuxième entrait au couvent, la troisième devait rester à la maison pour prendre soin de ses parents… les suivantes avaient le choix. Du côté des garçons, le premier était marié et héritait, le deuxième devenait moine ou prêtre, le troisième était militaire, les suivants devaient trouver une place. Cela paraît choquant pour nous mais notre guide insiste pour montrer la fierté des familles que de pouvoir placer une fille ici, c’était un véritable honneur. Et en fait, si le noviciat était difficile, la vie ici s’avérait plutôt agréable, en dehors du fait d’être privé de liberté. Pérou blog 17Les novices entraient à l’âge de 12 ans, et pendant quatre ans restaient assez isolées, ne sortant de leur cellule que deux fois par jour, une fois pour aller prier à l’église et l’autre pour méditer devant les peintures des litanies de la vierge qui ornaient leur cloître, et que l’on peut encore voir aujourd’hui. Par contre, une fois le noviciat achevé, elles habitaient dans l’une des quatre-vingt-cinq maisons qui se sont construites petit à petit dans le couvent, où elles jouissaient d’une grande liberté et d’un certain confort, voire même de luxe… à l’intérieur du couvent. Nous visitons plusieurs de ces maisons, arpentant plusieurs ruelles, reliant un cloître à un autre, une cour à un jardin, la salle mortuaire à l’hôpital, la bibliothèque au cimetière, le lavoir à la place de la fontaine… De plusieurs pièces, ces maisons étaient bien aménagées, avec souvent des cuisines semi-extérieures, des cours intérieures et des terrasses. Chaque religieuse bénéficiait de quatre servantes… La grande majorité des maisons étaient habitées par une seule religieuse. Les seules exceptions possibles étaient pour rassembler deux ou trois membres d’une même famille. Systématiquement les lits étaient placés sous des arches du fait des tremblements de terre fréquents dans la région. Après la visite guidée d’une heure, nous retournons ici et là. L’envie de faire un cache-cache ne manque pas, mais nous nous abstenons, essayant d’imaginer ce que la vie pouvait être à l’époque. Des 20 000 m2 du couvent original, une petite communauté de quinze religieuses continue d’exister dans une partie non visitable de 5 000 m2, mais cela fait un bon moment que l’on y entre par vocation. Ceci étant, la vie dans les maisons individuelles a cessé depuis les années 1870 sur décision du pape de l’époque. A partir de ce moment-là, la cuisine a été commune, installée dans ce qui faisait office de chapelle précédemment, et le dortoir de 80 lits dans une magnifique et immense salle en forme de croix qui a aujourd’hui été transformée en pinacothèque. La visite aura été marquante et a bien intéressé toute la famille. Nous rentrons pour un déjeuner tardif dans notre appartement et profitons d’une bonne sieste.

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Dimanche, Paul, le guide, et Michi, le chauffeur, viennent nous chercher vers 7h30 pour notre excursion de deux jours au canyon de Colca. Nous passons prendre deux jeunes hollandaises et un couple anglais qui seront de la sortie avec nous. Dans le minibus, nous croquons quelques feuilles de coca, en vente libre et dont l’usage est courant ici car il aide à supporter l’altitude. Chacun a le droit d’en avoir et d’en transporter jusqu’à 20 kg. Pourquoi ce poids ? Parce qu’il faut semble-t-il 30 kg de feuilles de coca pour fabriquer 1 g de cocaïne. Nous quittons Arequipa et contournons les volcans Misti et Chachani pour une première marche d’une heure dans une forêt de pierre dans les Rocas Purunias. C’est impressionnant de marcher au milieu de ces formations géologiques étonnantes façonnées au fil du temps par le vent et la pluie et qui ressemblent à des stalagmites. Nous y observons un vizcacha (sorte de gros lapin à longue queue), mais ne verrons pas de puma (il semble qu’il y en ait parfois par ici).

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Après avoir quitté ce lieu isolé au pied des volcans, nous continuons à prendre de la hauteur et faisons quelques arrêts pour voir des vicunas, des alpagas, des lamas qui vivent en grand nombre au milieu de la végétation qui devient plus abondante avec l’altitude. Dans des prairies humides nous observons de nombreux oiseaux, des poules d’eau, des canards et des oies. Finalement nous passons par un ancien cratère dont un des côtés s’est écroulé il y a bien longtemps ce qui permet à la route d’accéder à un col à 4910 m d’altitude. La vue est un peu bouchée par les nuages et nous ne pouvons observer les nombreux volcans alentour, mais nous nous arrêtons pour voir une plante incroyable, qui pousse d’un millimètre par an, en une sorte d’énorme chou-fleur très dense d’un vert vif qui s’orne de fleurs jaune orangé minuscules. Quelques flocons de neige qui volètent autour de nos têtes viennent donner un caractère tout spécial à ce moment. Nous essayons de marcher doucement car à presque 5000 m d’altitude le moindre effort est essoufflant. Nous redescendons de l’autre côté de la vallée jusqu’à la petite ville de Chivay. C’est là que nous déjeunons autour d’un buffet apprécié, notamment à tester notre premier ragoût d’alpaga, puis allons faire un tour au marché local. Nous y croisons des femmes vêtues d’habits traditionnels péruviens. C’est pour de vrai cette fois, pas comme quelques-unes que nous avons croisées à Arequipa qui cherchaient à se faire photographier par les touristes pour quelques sols. Ici c’est vraiment comme ceci qu’elles s’habillent avec leurs vêtements multicolores, leurs tissus andins pour porter leurs affaires et avec chacune un chapeau traditionnel d’un type qui identifie leur origine. Au marché, nous avons le plaisir de goûter à différents fruits… de cactus ! Le rouge a un goût de poire, le jaune fait penser au fruit du dragon et le vert à poils a une chair piquetée substantielle mais un goût de citron. Ah ! que la nature a de choses à offrir ! Nous n’imaginions pas la variété de fruits comestibles émanant des cactus.

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En quittant Chivay, nous entrons dans le canyon de Colca. C’est le deuxième plus grand canyon au monde, d’une profondeur de 3200 m à certains endroits. Le plus grand se trouve non loin de là et fait jusqu’à 3400 m, le double du Grand Canyon bien connu aux Etats-Unis. La première partie du canyon est très évasée et peu profonde, et permet la culture de différentes sortes de maïs, de quinoa et autres céréales sur une multitude de terrasses. Des carrés cultivés multicolores s’offrent à notre vue à l’infini. Nous arrivons finalement à Pinchollo, un petit village assez isolé où Colca Trek a construit un lodge où nous allons dormir. Mais avant d’y aller, nous entamons une marche pour aller jusqu’à une terrasse surplombant le canyon qui se fait plus étroit, d’où nous profitons du coucher de soleil. Une fois le soleil disparu derrière la montagne, nous remontons jusqu’au village pour découvrir le lodge, superbement aménagé, et dont les chambres ont une grande baie vitrée qui donne sur le canyon en contre-bas. Nous sommes à 3700 m d’altitude et il fait frais. La douche chaude est appréciée et après un moment de détente, le repas aussi. Nous avons ensuite le droit à une mini-conférence sur les condors que nous espérons voir demain, de la part de Paul, notre guide qui est super. Puis nous ne tardons pas à aller nous glisser entre les draps en polaire et sous l’énorme couette qui va nous tenir au chaud pour la nuit.

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Lundi, nous nous levons peu après 5h30, prenons le petit-déjeuner alors que le soleil se lève derrière les montagnes de l’autre côté du canyon, puis c’est parti pour une nouvelle journée exceptionnelle. La première étape prévue est une heure de marche le long du canyon pour aller jusqu’à un point appelé Cruz del condor. En chemin, nous crevons (la route est cahoteuse), ce qui nous retarde un peu, mais permet à ceux qui le veulent de marcher un peu plus, ce que nous faisons alors que les enfants restent tranquillement dans le minibus. Finalement, nous arrivons au point de départ de la marche, et peu après nous sommes juste au bord du canyon, où il y a 1400 m d’à-pic juste devant nous. Nous voyons des caracaras, charognards des montagnes, puis divers petits oiseaux dont des colibris et des perroquets des Andes, petits et tous verts. Soudain nous apercevons un premier condor. Wouaouh ! Puis d’autres au loin, justement là où nous nous rendons. Cela donne de l’entrain à notre marche même si notre progression aux environs de 4000 m d’altitude nous rend vite sages. A un mirador un peu avant Cruz del condor nous restons à admirer une dizaine de condors qui volent. Nous distinguons les jeunes dans les tons de brun, et les adultes noirs avec un peu de blanc sur les ailes lorsque celles-ci sont déployées. Le condor est le deuxième oiseau le plus grand du monde. Si l’albatros, le plus grand, a une envergure de 3m50, celle du condor est de 3m20 ailes déployées ! Nous décidons de finir la marche et de nous approcher encore plus. Une fois arrivés à Cruz del condor, un lieu privilégié car se situant au-dessus de cavernes qui constituent l’habitat de nombre d’entre eux, plus rien dans le ciel. Nous attendons presque quarante-cinq minutes, en n’apercevant qu’une ou deux fois subrepticement un jeune voler. Le départ d’ici est prévu à 9h30. Quand soudain, vers 9h15, c’est l’envolée. Un, puis deux, puis trois, puis une dizaine de condors vont nous offrir un ballet extraordinaire juste devant nous, à quelques mètres. Nous distinguons les mâles qui, contrairement aux femelles, ont une crête sur leur tête déplumée. Nous observons leur agilité à utiliser les courants ascendants, à se diriger en utilisant leur queue comme un véritable gouvernail et les plumes espacées du bout de leurs ailes sont comme des doigts qui jouent dans l’air. Un moment inouï de communion avec la nature.

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Après ces longues minutes de pur bonheur, nous rejoignons les vélos qui nous attendent pour que nous puissions rejoindre le village de Cabanaconde. C’est essentiellement une descente, heureusement, mais la montée d’un kilomètre qui se situe au milieu nous fait sentir que nous sommes en altitude. Lilian et Solène s’en donnent à cœur joie dans la descente, Lilian a été admirable dans la montée. Ophélie est plus prudente car son vélo est un peu grand pour elle, mais pour tous, c’est super de pouvoir découvrir ainsi un bout du canyon. Nous avons même pu admirer de l’autre côté du canyon le glacier qui donne naissance au fleuve Amazone. La longue matinée n’est pourtant pas finie, car nous ramenons les vélos au lodge qui tient lieu de QG à Colca Trek, puis nous retournons non loin de Chivay, où il y a des sources d’eau chaude, auxquelles nous accédons par un joli pont suspendu retenu par des lianes de cactus. Tous en maillot, nous nous baignons avec délice dans les eaux à plus de 40˚. Il est plus de 14h lorsque nous arrivons à Chivay pour dévorer un déjeuner local plus qu’apprécié. Nous mettons le cap sur Arequipa, repassons par le col à 4910 m où cette fois le temps dégagé nous permet d’admirer les volcans alentour, mais nous ne nous arrêtons pas car Lilian n’est pas très en forme et ressent les effets de l’altitude. Nous rentrons tranquillement, fatigués mais heureux.

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